Arkheia, revue d'histoire

Le PCF dans le Sud-Ouest : centre et périphérie

Par Max LAGARRIGUE
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Article publié dans
Suppléments
Max Lagarrigue : historien, spécialiste du communisme rural, il a notamment publié : Renaud Jean. carnets d’un député paysan communiste (Atlantica, 2001).

(...) Bergerac.

C’est par une missive adressée au secrétariat du Parti que le secrétaire fédéral, Toulza, annonce les prémisses de l’Affaire “ d’Issigeac ” :

- “ Le rayon de Bergerac nous informant (...) de son intention de désister notre candidat pour le socialiste SFIO contre le candidat radical-socialiste. (....) le secrétaire régional s’éleva contre cette tactique qui ne pouvait être que néfaste au Front populaire et demanda au rayon de désister notre camarade en faveur du candidat du Front populaire le plus favorisé en l’occurrence le radical-socialiste. (...) L’accord ne pouvant se faire par communication téléphonique, nous nous sommes rendus à Bergerac (...) le camarade Saumagne et Broussou ont renouvelé leur opposition à notre décision ”.

Suite à ce camouflet, Toulza contacte le “ centre ” par téléphone pour qu’il fasse pression sur le “ rayon ” bergeracois. Il réclame instamment, face “ à l’attitude ” des militants de Bergerac qui “ sont en désaccords avec la politique du Parti ”, l’organisation d’une Conférence de ce “ rayon, dès que possible ” avec la présence “ d’un délégué du C.C. jouissant d’une grande autorité ”. Nolens Volens, les militants du “ rayon ” de Bergerac après réception d’une lettre “ par avion ” du “ centre ” déclarent, en “ communistes disciplinés ”, avoir “ la plus entière confiance en les camarades du Comité central ”, le candidat se désiste au profit du candidat radical. C’était sans compter sur l’opposition irréductible de la cellule concernée, celle d’Issigeac :

“ La strict (sic) application des directives du Front populaire ne nous impose l’obligation du désistement au profit du Parti radical que pour le cas où nous nous trouvons en présence d’un péril réactionnaire.(...) La situation, dans le canton ne présente rien de tel ; c’est pourquoi, usant de nos droits imprescriptibles d’auto-disposition sur le plan local, l’Assemblée générale des cellules du canton (...) a pris décision de désister notre camarade, Tabouy (...) au profit du camarade Martial Belugue, candidat SFIO.(...) La masse est souveraine nous semble t-il lorsque les décisions qu’elle prend le sont dans l’application de la discipline la plus stricte (...) Nous sommes et restons persuadés qu’autre chose qu’un Ukase d’où qu’il vienne est nécessaire ”.

La pression exercée par la Direction fédérale est telle qu’elle provoque un flot de démissions dont celle de Roger Broussou, dirigeant du “ rayon ” bergeracois. Le Comité régional, un an après, fait encore mention des bouleversements qui ont ébranlé toute la région :

“ La direction régionale depuis la Conférence régionale de novembre (1937) ” enregistre “ depuis cette date que les désaccords politiques qui s’étaient fait jour dans plusieurs cellules, ont été aplanis. Des cellules qui avaient (...)



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