Arkheia, revue d'histoire

Le PCF dans le Sud-Ouest : centre et périphérie

Par Max LAGARRIGUE
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Article publié dans
Suppléments
Max Lagarrigue : historien, spécialiste du communisme rural, il a notamment publié : Renaud Jean. carnets d’un député paysan communiste (Atlantica, 2001).

(...) démissionné ont repris leur activité ”.

L’antagonisme sur l’application électorale des choix émis par la Direction fédérale s’est finalement transformé en bataille rangée entre le Périgourdins et le Bergeracois. Le secrétaire Toulza est contraint de démissionner et la fédération de Dordogne, durant plus d’une année, s’essouffle en querelles intestines.

La large ouverture opérée par Thorez en faveur des “ classes moyennes ” et des Catholiques, tout en claironnant “ l’amour des communistes pour le pays ”, porte un rude coup aux militants. Ces derniers reçoivent un véritable coup de massue. Il leur faut oublier tout ce pourquoi ils ont lutté durant une décennie. Que de retournements, et en si peu de temps, pour les militants qui doivent glorifier et intégrer les valeurs nationales, eux à qui on enseignait encore un ou deux ans plutôt comment lutter contre la République “ en voie de fascisation ”. L’alliance avec la SFIO, dont on qualifiait les membres peu de temps auparavant de “ sociaux-fascistes ”, de “ sociaux-traîtres ”, semble ne pas être si mal vécue par les militants communistes. Pour preuve, le récit de Léon Mauvais qui se plaint lors de son séjour en Corrèze de l’attitude un peu trop zélée des militants en faveur de l’unité avec la SFIO :

“ Il existe, sans conteste, une confusion politique en certains endroits, sur nos rapports entre la SFIO et nous. (...) D’autre part, à Argentat les camarades n’ont rien trouvé de mieux que de faire un drapeau portant les inscriptions du PCF et du partic socialiste. ainsi que la faucille et le marteau et les 3 flèches, symbolisant d’après-eux le Front populaire ”.

L’oeil bienveillant du “ centre ” se révèle véritablement comme une machine implacable contre toute forme de “ déviationnisme ” ou tout récalcitrant un peu trop bruyant. Les délégués et les instructeurs, malgré leur personnalité, n’en sont pas moins un des engrenages. Nonobstant, la conclusion de Stéphane Courtois n’est pas si éloignée de la réalité : “ Les rapports des cadres ne lui font (le Parti) entendre que ce qui lui plaît, ce qui est dans la ligne du moment, sans trop se soucier des préoccupations sociales ou économiques de la classe ouvrière. C’est à ce prix et après de nombreuses autocritiques que l’on fait un bon cadre communiste ”. Ils restent que les rapports que nous avons présentés témoignent des véritables problèmes des fédérations.

Par ailleurs, les “ régions ” rurales et leurs militants, s’ils acceptent des directives qui leur paraissent pour le moins en totale contradiction avec celles d’hier, exercent des résistances le plus souvent silencieuses qui grippent les roulements bien huilés de la machine. Elles nous témoignent de l’existence de différentes manières de militer dans le parti communiste français. La présence d’un Renaud Jean ou d’un Marius (...)



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