Arkheia, revue d'histoire

Le PCF dans le Sud-Ouest : centre et périphérie

Par Max LAGARRIGUE
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Article publié dans
Suppléments
Max Lagarrigue : historien, spécialiste du communisme rural, il a notamment publié : Renaud Jean. carnets d’un député paysan communiste (Atlantica, 2001).

(...) donner Roucaute est celle d’un délégué travaillant en collaboration avec Sautel : “ Malgré toutes les défaillances du Front populaire la masse est attachée à l’union dont l’évocation est toujours applaudie ”. Ce fait qui n’est pas isolé nous renvoie à la manière dont il faut traiter les sources. De même que les rapports préfectoraux, on remarque que les rapports d’un délégué et d’un instructeur sont sensiblement différents. Si ce dernier cherche inévitablement à valoriser son action de formateur en montrant dans ses nombreux courriers que la situation de la “ région ” s’améliore de jour en jour grâce à son action, le délégué du Comité central, espérant une promotion ou sachant qu’il va être lu par ses pairs soviétiques, ne favorise t-il pas, par excès de zèle, l’émergence d’opposants plus imaginaires qu’actifs ? Action qui le favorise et montre en définitive qu’il fait tout pour son parti. Le discours de Roucaute est suffisamment explicite à ce propos :

“ Il a été décidé qu’après la réunion publique de Bourdarias, ils essayeront d’entraîner de nouveaux camarades au Parti et feront deux ou trois réunions de la cellule d’Aynac, afin de détacher complètement de Laplaze et d’Ayrolles les trois éléments paraissant encore sains qui se trouvent dans la cellule. Une fois ce premier travail accompli ils liquideront complètement les trois éléments malsains et reconstitueront la cellule sur de nouvelles bases ”.

Une fois les procédures enclenchées, systématiquement les délégués qui succèdent à Roucaute en font état sous la forme d’un chapitre spécial, en fin de rapport, intitulé “ Du Trotskisme ”. L’instructeur Sautel, qui effectue un second séjour dans la “ région ” lotoise du 2 au 19 juin 1938, consacre deux pages entières aux activités des "hérétiques", sans utiliser le vocable de ses prédécesseurs. La seule allusion aux “ trotskistes ” se produit dans les propos suivants : “ On a déjà souligné la présence à Aynac d’un instituteur trotskiste membre du Parti socialiste nommé forestier, il y en a également un second à la Capelle-Marival à quelques kilomètres d’Aynac, un nommé Cadiergue ”. On appréciera l’utilisation du pronom indéfini “ on ” dans cette phrase, démontrant à la fois qu’il n’est pas l’auteur de cette constatation mais que tout de même il s’y associe. L’instructeur, qui passe environ un mois dans le Lot, se sent obligé de reprendre les condamnations. Il sait que la procédure est inextinguible. Toutefois, le discours de Sautel est toujours irénique : “ Leur (les instituteurs) influence agit sans doute sur notre cellule d’Aynac dont au moins 2 adhérents Souillac et Ayrolles sont d’anciens membres de la SFIO ”. A contrario de Roucaute et Mioch, Sautel ne cherche pas à donner l’estocade. Sa mission est de “ faire faire un pas en avant à la région ”. A (...)



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