Arkheia, revue d'histoire

Le PCF dans le Sud-Ouest : centre et périphérie

Par Max LAGARRIGUE
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Article publié dans
Suppléments
Max Lagarrigue : historien, spécialiste du communisme rural, il a notamment publié : Renaud Jean. carnets d’un député paysan communiste (Atlantica, 2001).

(...) deux reprises, il propose d’envoyer deux militants lotois “ à la prochaine école centrale de six mois ” pour constituer de futurs cadres pour une “ région ” qui en est dépourvue. Finalement, l’instructeur Sautel tient à résoudre au mieux les problèmes de la “ région ”. Ses semonces hiératiques contre des dissidents éventuels sont trop ostensibles pour qu’elles soient efficaces. Les accusés ne sont pas membres du Parti ou si peu actifs que ses attaques ne portent atteintes à personne. Sautel fait donc mine de tancer des opposants pour satisfaire sa hiérarchie et pour se préserver lui-même de toute admonestation. Il est mal venu pour le délégué suivant de ne pas rappeler ce fait sous peine de se faire taxer lui-même de trotskiste. Cette attitude est parfois sujette à un renchérissement. Le délégué suivant voulant démontrer également ses capacités à déceler “ l’action trotskiste ”, s’ingénie à témoigner que le mal n’a pu être endigué et qu’au contraire il se répand. Le successeur de Roucaute, François Mioch, ne trouve rien de mieux pour prouver la présence de “ trotskistes ” à Souillac que de déclarer :

- “ Situation plus grave à Souillac. L’attention de la direction régionale a été attirée par la baisse des abonnés au journal régional où de 60 nous passons à 15. La cellule qui théoriquement compte 28 membres, n’en réunit à ses réunions que 6. Les sympathisants se trouvent influencés par l’action des trotskistes ”.

Mioch se révèle plus judicieux que son prédécesseur. Roucaute se donnant du mal pour créer un foyer “ trotskiste ” dans une petite cellule rurale isolée dont l’influence hétérodoxe, même si elle est réelle, reste limitée aux membres de la cellule. Le “ camarade ” Mioch, quant à lui, justifie les erreurs et le manque d’activité de la direction régionale, et finalement, peut-être, son incompétence à résoudre les problèmes d’organisation et de recrutement, par la présence d’éléments “ trotskistes ”. Ceux-ci constituent de véritables “ boucs-émissaires ” pour le délégué qui ne manque pas de “ féliciter le passage de l’instructeur Roucaute qui leur a permis de voir plus clair sur le danger que constitue le trotskisme ”. Les attaques sont dirigées contre un ennemi, quasi-transparent, mais que l’on peut reconnaître : “ Dans cette commune (Souillac) où Malvy est maire, nous avons deux conseillers municipaux sur une liste communiste. C’est l’un deux, un nommé Delmas, qui n’est pas membre du Parti, mais qui aux yeux de la population passe comme tel, qui nous porterait le plus grand tort.. Il a appartenu autrefois au parti, ainsi qu’à la franc-maçonnerie ”. Ces attaques permettent à Mioch et à Roucaute de détourner les regards du secrétariat général du Parti de leurs propres difficultés à résoudre les problèmes de la “ région ” lotoise. Quant à (...)



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