Arkheia, revue d'histoire

Le PCF dans le Sud-Ouest : centre et périphérie

Par Max LAGARRIGUE
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Article publié dans
Suppléments
Max Lagarrigue : historien, spécialiste du communisme rural, il a notamment publié : Renaud Jean. carnets d’un député paysan communiste (Atlantica, 2001).

(...) français pour résoudre la “ question paysanne ” :

“ Il nous faudrait en premier lieu, poser publiquement devant tous les membres du parti la nécessité du travail parmi les paysans. Puis renforcer et ressusciter notre propagande. Expliquer les causes de la crise et surtout de ses diverses manifestations dans l’agriculture. Montrer ses conséquences fatales : menace de guerre impérialiste (mais essayer de ne plus prophétiser quant à la date : la volte-face effectuée à propos du danger de guerre impérialiste “ imminent ” en 1928 et dont on ne dit plus mot en 1931 dans l’appel du parti à propos du 1er Mai n’est pas de nature à diminuer le désarroi des adhérents paysans et ouvriers qui nous restent (...) La préparation révolutionnaire est, avant tout, non pas éducation mais action (...) toutes nos forces doivent se tendre en vue de déclencher l’action de classe à la campagne, seule l’action de classe arrêtera notre recul (...) Action autour de revendication immédiates (...) L’intervention de la direction du parti auprès des directions des régions (...) auprès des unions pour les revendications soient dressées sur la base de la situation réelle du prolétariat terrien : il faut sortir du cadre étriqué de quelques spécialités (bûcherons, horticoles) pour entreprendre une campagne méthodique parmi la masse des salariés agricoles ”.

Le délai de réponse de Maurice Thorez aux appels de Renaud Jean confirme en soi le faible intérêt que le secrétaire du PCF porte à “ la situation des campagnes ”. Sa dialectique est à la fois discursive et dilatoire. L’interprétation qu’il donne de l’échec du parti communiste pour “ prendre la tête des masses paysannes ” est caractéristique d’un parti politique “ ultra-gauchiste ” : “ Sans doute tu as raison de souligner que notre Parti n’a pas su encore prendre la tête des masses paysannes. Cela tient à ce que nous ne savons pas lutter pour que les paysans acceptent nos revendications et pour lesquelles, dans certains cas, ils combattent. (...) Il nous appartient de faire le travail nécessaire pour montrer dans l’action aux paysans, à travers leurs luttes revendicatives, que le parti communiste est le seul parti capable de conduire les paysans pauvres à la victoire sur le capitalisme ”.

Les rapports que nous mettons en valeur témoignent d’une part que les hiérarques du parti communiste ont un intérêt mesuré pour les maux de la paysannerie. L’utilisation pragmatique de la phraséologie dogmatique du Parti est un véritable outil pour les délégués du Comité central. Experts en la matière, ils l’utilisent pour noyer l’absence de politique cohérente et continue du PCF dans les campagnes. D’autre part, ils nous enseignent sur les pratiques internes du parti communiste français après la Bolchevisation. Les missi dominici se rodent aux pratiques et à la discipline du Parti, les visites en Province (...)



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