Arkheia, revue d'histoire

Le PCF dans le Sud-Ouest : centre et périphérie

Par Max LAGARRIGUE
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Article publié dans
Suppléments
Max Lagarrigue : historien, spécialiste du communisme rural, il a notamment publié : Renaud Jean. carnets d’un député paysan communiste (Atlantica, 2001).

(...) constituant une étape dans le cursus honorum des permanents. La bureaucratie du “ centre ”, le discours et le comportement doctrinaires de cette armée de permanents semblent en être une des composantes. Cette documentation n’en apporte pas moins des renseignements précieux sur l’état des fédérations communistes que nous étudions. Elle nous permet de comparer l’influence réelle du PCF dans les campagnes françaises avec la représentation, par l’intermédiaire de sa propagande, qu’il donne de sa propre réussite. Cette source nous autorise également à croiser les informations que collectent les Préfets et ainsi, pouvoir mesurer l’importance que l’administration veut bien attribuer aux communistes dans les départements. Excessifs ou réservés, les rapports des hauts fonctionnaires et des Renseignements généraux ne figurent plus comme l’exclusive source du chercheur. La documentation interne du PCF est un matériau neuf mais qui ne fait pas “ table rase ” de l’historiographie antérieure. Elle permet d’accréditer, d’enrichir, de modérer les recherches des historiens qui n’ont pu ,de leur temps, bénéficier de ces sources.

L’état de “ régions ” rurales

Pour mettre en évidence l’état des “ régions ” rurales, nous nous proposons d’en comparer trois : la Corrèze, le Lot et le Tarn-et-Garonne. Les rapports des délégués sont prolixes quand il s’agit de rappeler les dysfonctionnements des “ régions ”. Le Lot et le Tarn-et-Garonne constituent un noyau identique dans les récits des missi dominici. C’est en terme peu élogieux que “ l’Appareil ” y est décrit. Trois invariants reviennent inlassablement sous leur plume : les problèmes d’organisation, de “ déviationnismes ” et de gestion des organes de presse.

Des organisations chaotiques

Les problèmes “ d’organisation ” découlent, d’après-eux, de l’absence de cadres dans ces “ régions ”. L’instructeur Sautel lors de sa première visite du Lot découvre “ toutes les faiblesses du Parti dans le Lot ”. L’organisation y est lapidaire. Sautel donne l’exemple de Gourdon qui n’est pas unique où “ il n’y avait pas de comité de section, sur les 6 cellules, au moins 4 n’avaient aucune activité ”. Les cellules rurales, dépourvues de directives restent “ des mois sans réunions ”, l’activité des militants en est réduite au point où “ un certain découragement se manifeste parmi les adhérents ”. Les dirigeants cadurciens sont décrits comme débonnaires, Sautel discutant “ avec le camarade Doucet ” reconnaît qu’il est “ un très bon copain, mais pas très fort politiquement et manquant un peu d’expérience ”. Cette situation s’aggrave lorsque Barrières “ victime d’un accident ” ne peut plus pour un temps diriger la section, personne ne le remplace. La section comprenant tout l’arrondissement cadurcien, les liaisons (...)



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