Arkheia, revue d'histoire

Le PCF dans le Sud-Ouest : centre et périphérie

Par Max LAGARRIGUE
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Article publié dans
Suppléments
Max Lagarrigue : historien, spécialiste du communisme rural, il a notamment publié : Renaud Jean. carnets d’un député paysan communiste (Atlantica, 2001).

(...) avec les cellules sont inexistantes. La cellule de Montcuq qui “ n’a jamais été visitée ” ne s’est pas réunie “ depuis 4 mois ”, par exemple. A l’instar de la “ région ” du Tarn-et-Garonne, l’organisation lotoise centralise son activité aux alentours du siège de la direction régionale. Si Montauban est au centre du département, ce qui n’empêche pas l’isolement de nombreuses cellules situées aux frontières du département, la direction fédérale est complètement excentrée au nord du département, dans la petite commune des “ Quatre-Routes ”. Cette situation aggrave les problèmes de communication et rend le contrôle des cellules inexistant. A ce sujet, l’opinion de Sautel se modifie au cours de son séjour. Arrivé le 28 janvier, Sautel écrit après 10 jours sur le terrain : “ En tout malgré les difficultés de communications actuelles, la région devra continuer à avoir son siège au Quatre-Routes, et Feix comme secrétaire ”. Ce jugement qui paraît comme définitif est influencé par les premiers jours passés dans le chef-lieu cahorsin. Qui plus est, c’est l’une des seules fois où un des permanents du Parti fait mention de l’existence du secrétaire régional. Agé de seulement 30 ans, sa nomination à la direction du Lot peut-être interprétée comme un avancement dans la hiérarchie du Parti. Toutefois, cette mutation n’est pas fortuite. Issu d’une petite famille de paysan corrézien et aguerri par une bonne expérience mutualiste, Léon Feix est dépêché en terre de mission. On compte sur sa connaissance du milieu rural pour redresser l’une des fédérations paysannes les plus faibles. A la fin de son séjour, l’instructeur analyse la situation d’une manière tout autre. Il n’est plus persuadé du bon sens de ses premières affirmations. L’emplacement de la direction lotoise excentrée “ à l’extrémité ” septentrionale du département, aggrave “ les difficultés de communication ”. Le transfert du siège fédéral à Cahors devient pour lui une priorité qui “ permettrait de réaliser un meilleur travail et d’assurer une meilleure liaison ”. Néanmoins, se rendant compte à la fois des résistances et de l’extrême faiblesse locales, il conclut : “ Malheureusement, l’état actuel du Parti et la faiblesse des cadres dans cette localité ne permettent pas de réaliser immédiatement une telle chose ”. Suite à cette description chaotique de la “ région ” lotoise, ne peut on pas trouver surestimer le constat que nous livre Pierre Laborie lorsqu’il déclare : “ Beaucoup plus homogène dans sa doctrine, solide dans son organisation, le parti communiste n’est encore qu’une force politique minoritaire dans le département... ” ? Par ailleurs, M. Laborie fait remonter la perte d’audience du parti communiste lotois à la date clé de novembre 1938. Les positions prises contre la Paix de Munich et l’échec de la Grève nationale (...)


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