Arkheia, revue d'histoire

Le Quercy : mythe ou réalité ?

Par Adrien Viguié
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Suppléments

(...) initier à une perception de cet espace, de ces spécificités en vue de le déterminer. Un sujet en histoire immédiate sur l’histoire quercinoise réfute de fait le principe de « quercinité », au sens d’une conception biologique du Quercinois. C’est donc l’identité culturelle qui retient l’attention, avec toutes les déclinaisons qu’elle suggère.

Les représentations, ou l’interaction entre sentiment et ressentiment

Pour l’étude de cette identité culturelle, ce mémoire revendique plusieurs ambitions. La première consiste en une recherche exhaustive des représentations de l’identité quercinoise dans les différents discours. Les pistes abondent. Chacun possède sa propre version, suivant son ressentiment. Le sentiment d’appartenance à une entité regroupe l’ensemble des éléments qui réunissent les habitants de cette même entité. Ces éléments peuvent être de natures diverses, mais doivent faire l’objet d’un processus d’appropriation par ce groupe d’individus. Se sentir quercinois, c’est adhérer à des représentations spécifiques de l’identité Quercy et les reconnaître. L’expression « être quercinois » est donc polysémique suivant le parcours de son auteur. Un individu peut être quercinois –ou plutôt se représenter quercinois- parce qu’il parle le patois carcinol. Il est question de son propre ressentiment, puisqu’il faut ensuite pouvoir déterminer dans quelle mesure le patois carcinol concrétise l’identité quercinoise. Cette réflexion démontre une évidence : une représentation personnelle ne peut suffire à exprimer le cadre d’appartenance. Un individu ne peut se proclamer quercinois à la seule légitimité de ses propres représentations. Pour que ce sentiment d’appartenance soit fondé, la notion d’identité collective intervient irrémédiablement. La question est donc de savoir dans quelle mesure un individu conçoit qu’il possède des points communs avec son voisin, et à quels critères se réfère-t-il pour juger ces ressemblances. L’exemple d’un habitant de Cahors permet de comprendre les différentes strates : l’individu est à la fois cadurcienne, lotoise, quercinoise, française et européenne, voire citoyenne du monde. La seconde voie qu’ose suivre cette étude concerne les représentations « physiques » associées au Quercy et leurs utilisations par les acteurs locaux. Le professionnel du tourisme vante ainsi la variété des paysages quercinois, mettant l’accent sur la beauté des Causses qui les caractérise. Les discours permettent donc de révéler une représentation bi-dimensionnelle de l’identité : l’espace et l’objet.

Avant de développer ces deux axes de recherche, il convient de préciser ce que nous entendons par discours. Le discours n’est pas seulement l’exposé oral d’un individu devant une assistance, ni même l’ensemble des paroles verbales émises sur un sujet. Le discours regroupe (...)


Réagir à cet article 1 Message
  • Ce que vous dites est con. Vous confondez mythe et historicisme et imposez un savoir mal digéré. Un mythe fondateur est ce qu’on peut souhaiter de mieux à toute entité, régionale, politique, citoyenne. Soit, le Quercy n’a jamais vécu de présent que pour assurer un avenir... C’est ce que vous appelez passéisme ???
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