Arkheia, revue d'histoire

Le RPF dans le Sud-Ouest, 1947-1955

Par Bernard Lachaise
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Article publié dans
Arkheia n°7-8-9
Auteur : Bernard Lachaise est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bordeaux. Il a soutenu une thèse d’état sur le RPF. Il a également publié une biographie sur Robert Lacoste (éditions Fanlac, 1998)

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Quand Chaban s’empare de la mairie de Bordeaux en 1947, l’événement constitue une belle victoire pour le RPF, fondé par de Gaulle quelques mois plus tôt. Cependant, la ville n’est pas représentative du Sud-Ouest aquitain où le RPF rencontre plus d’échecs que de succès. Est-ce la faute aux radicaux si puissants dans la région ? Lors de sa disparition en 1955, le RPF ne laisse-t-il aucun héritage dans le Sud-Ouest ?

A Strasbourg, le 7 avril 1947, le général de Gaulle lance un nouvel appel aux Françaises et aux Français : “ il est temps que se forme et s’organise le Rassemblement du peuple français qui, dans le cadre des lois, va promouvoir et faire triompher…le grand effort de salut commun et la réforme profonde de l’Etat ”. L’homme du 18 juin annonce ainsi la fondation d’un parti politique – même s’il préfère celui de “ mouvement ” –, ouvrant une nouvelle étape dans l’histoire du gaullisme politique. Entre 1947 et 1953, le RPF participe à tous les grands combats électoraux et devient, avec le parti communiste, l’une des deux grandes forces d’opposition à la IVe République, obligeant les autres partis, de la SFIO au CNI, à s’unir dans une “ Troisième force ”, pilier du régime au moins jusqu’en 1951. Mais l’objectif n’est pas atteint et, en 1953, de Gaulle, déçu, met fin aux activités électorales du RPF : “ voici venir la faillite des illusions. Il faut préparer le recours ”, puis place le RPF en sommeil en 1955. Dans le Sud-Ouest - au sens aquitain du terme, selon la délimitation utilisée par les gaullistes de l’époque –, l’histoire du RPF est contrastée, mêlant quelques rares beaux succès et de nombreux échecs. Ici se côtoient des départements parmi les plus gaullistes de France comme la Charente-Maritime et la Gironde et des départements parmi les plus réfractaires tels le Lot, le Lot-et-Garonne et les Hautes-Pyrénées. Le Sud-Ouest se montre globalement peu gaulliste qu’il s’agisse des structures du parti, des adhérents ou des élus. Est-ce la faute au seul radicalisme, puissant depuis longtemps dans la région ou ne faut-il pas y voir aussi les insuffisances et les fragilités du rassemblement gaulliste ? L’échec à court terme n’exclut pas ici, comme dans le reste de la France, d’enregistrer des acquis durables pour le gaullisme et les gaullistes au moment du retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958 puis sous la Ve République.

LE SUD-OUEST TERRE PEU GAULLISTE SOUS LA IVe REPUBLIQUE

Le RPF, un mouvement aux pieds d’argile. Dans l’année qui suit l’annonce de la création du RPF, de Gaulle donne au mouvement une organisation très structurée, très hiérarchisée et très minutieuse, qu’il s’agisse du département, du canton voire de la commune. Entre l’organigramme idéal et la réalité dans le Sud-Ouest, le décalage est toutefois immense. Presque partout, à l’exception de la (...)


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