Arkheia, revue d'histoire

Le RPF dans le Sud-Ouest, 1947-1955

Par Bernard Lachaise
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Article publié dans
Arkheia n°7-8-9
Auteur : Bernard Lachaise est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bordeaux. Il a soutenu une thèse d’état sur le RPF. Il a également publié une biographie sur Robert Lacoste (éditions Fanlac, 1998)

(...) Gironde, de la Charente-Maritime et de la Charente, la “ machine RPF ” n’a pas fonctionné c’est-à-dire n’a même pas été mise en place ou fort tardivement et de manière superficielle. L’installation du RPF localement n’a pu être réalisée qu’en 1948-1949 – soit après les premières grandes échéances électorales – et le déclin de la vie partisane a commencé tôt, dès le lendemain des élections de 1951. Par manque de militants et de “ chefs ” locaux actifs, l’organisation du RPF reste donc souvent un cadre vide. Peu d’adhérents Malgré les précautions dans l’usage des chiffres d’adhérents, deux certitudes apparaissent : dans le Sud-Ouest, le RPF n’est pas un mouvement de masse et le déclin des effectifs est précoce. A l’exception de la Gironde surtout mais aussi de la Charente-Maritime et de la Charente où les adhérents ont été plusieurs milliers, le RPF ne compte guère plus de quelques centaines de membres (Hautes-Pyrénées, Dordogne, Basses-Pyrénées, Landes) voire une centaine (Lot, Gers). Le plein des “ compagnons ” – selon la terminologie gaulliste héritée de la Résistance – s’effectue le plus souvent en 1947, suivi d’un déclin, très sensible en 1949 : lors de la mise en sommeil du mouvement en 1955, les effectifs ne représentent plus qu’un dixième de ceux des débuts. Peu d’élus Lors des premières élections après la fondation du RPF, les municipales d’octobre 1947, le RPF remporte quelques belles victoires dans le Sud-Ouest dont les plus emblématiques sont celles de Bordeaux, La Rochelle et Mont-de-Marsan où Jacques Chaban-Delmas, Auguste Moinard et Robert Besson s’emparent de mairies socialistes. En 1948, le RPF ne gagne qu’un siège de sénateur (sur les sept renouvelés), celui de Lucien de Gracia en Gironde. Aux cantonales de 1949, le RPF obtient trente sièges dans la région soit 8 % des élus, principalement en Gironde (8) et en Charente-Maritime (8) et dans les Landes (3) et les Basses-Pyrénées (3). Mais si les élections les plus attendues, celles du renouvellement de l’Assemblée nationale, en juin 1951, permettent une percée du RPF (15 % des électeurs inscrits), le score reste inférieur au chiffre national (16,8 %) et les gaullistes n’obtiennent que neuf des cinquante et un députés du Sud-Ouest, dont cinq en Gironde – soit un excellent résultat – (Chaban, de Gracia, Liquard, Seynat, Deliaune), deux en Charente-Maritime (Bignon, Brusset), un en Charente (Furaud) et un dans les Basses-Pyrénées (Monsabert). Aux cantonales de 1951, le RPF maintient ses positions de 1949 et vingt-neuf de ses candidats sont élus ou réélus conseillers généraux, surtout en Charente-Maritime (12) et Gironde (11), moindrement en Charente (3) et Basses-Pyrénées (3). Les bons scores cumulés en 1949 et 1951 en Gironde permettent au RPF de faire perdre la présidence du Conseil général au socialiste Audeguil (déjà battu à la (...)


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