Rappelons que le scénario a été écrit en collaboration avec Pascal Jardin, scénariste de nombreux films et par ailleurs romancier de renom, ainsi que Claude Veillot. Sans oublier Robert Enrico qui en a été le glorieux réalisateur. Malgré cette trinité prometteuse, et l’indéniable succès du film, on constate avec stupeur la médiocrité des critiques faites par quelques grands journaux à la sortie du film en 1976. Mais qu’importe. Il est temps de donner aujourd’hui un nouveau souffle à ce film en tentant de l’analyser sous des angles différents, ceux de l’Histoire et de l’humanisme. Tous les Tarn-et-Garonnais s’en souviennent, Le Vieux fusil a été tourné dans la région de Montauban, à Bruniquel, Penne et Bonaguil pour ne citer que les principaux lieux de tournage. Robert Enrico le rappelle volontiers, les allusions à l’Histoire, en l’occurrence, à la Seconde guerre mondiale dans le Tarn-et-Garonne, sont tout à fait justifiées et voulues. Le réalisateur se souvient des recherches qui ont été réalisées par l’équipe du tournage dans les cahiers de l’Histoire. Il ajoute : " J’ai bien connu cette époque ; j’étais enfant et cela m’a beaucoup marqué". Pascal Jardin, co-scénariste du film, lui aussi, était enfant pendant la guerre comme le rappelle son célèbre roman La Guerre à neuf ans. Néanmoins, il faut toujours garder à l’esprit que le fait d’avoir connu une époque et la retranscrire à l’écran n’est pas forcément synonyme. Ainsi, si le film ne se prive pas d’allusions historiques, il ne faut pas en déduire pour autant qu’il s’agit d’un film historique au sens strict.
Le Vieux fusil est avant tout une fiction sur la vengeance comme le pense Robert Enrico. C’est de cette idée que le film est né. L’œuvre n’est pas le fruit d’une volonté explicite de faire un film sur la Deuxième guerre mondiale dans le Tarn-et-Garonne. Ainsi, si des événements historiques, dont on sait qu’ils ont bel et bien eu lieu dans la région dite et à la période dite, ont trouvé place dans le scénario, c’est toujours dans le contexte d’une fiction. S’ils sont voulus par le réalisateur, c’est par ce que ces évocations apportent quelque chose à l’œuvre. Autant dire que l’Histoire en tant que science humaine n’est pas utilisée pour elle-même dans ce cas, mais qu’elle devient un instrument du scénario, un élément du décor au service de la création. Ce qui va nous occuper ici est de tenter d’identifier quelques scènes historiques (sans prétention à l’exhaustivité) et s’efforcer de comprendre comment les deux pôles historique et fictif constituent le cœur de l’histoire, au sens (...)