Arkheia, revue d'histoire

Le château du Sablou en 1940, partie III

Par Jacky Tronel
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : est chercheur associé au projet « Prison militaire du Cherche-Midi » à la Maison des Sciences de l’Homme (Paris) et membre du comité de rédaction de la revue Arkheia.

(...) l’air de faire quelque chose : le détenu n’était même pas libre dans sa cage. On lui enlevait l’ultime refuge du prisonnier, sa liberté d’esprit ». Les conditions d’hygiène relatives au couchage font l’objet d’une demande ducommissaire Antz. S’adressant à l’intendant départemental de Périgueux, le 20 novembre, il lui signale que les 550 sacs de couchage dont il dispose n’ont « jamais été désinfectés depuis au moins 6 mois » et qu’ils ne peuvent pas, « faute de savon et d’installation appropriée, être lavés et désinfectés par les moyens du Centre ». De ce fait, Antz demande que l’on procède à un échange de sacs, les sales contre des propres. Dans un rapport du 10 novembre 1940 adressé au ministre de l’Intérieur, le commissaire spécial Antz révèle que le ravitaillement est assuré une ou deux fois par semaine par la Gestion des subsistances militaires de Sarlat, en ce qui concerne notamment le vin et les légumes secs, ainsi que l’essence à raison de 150 litres par mois. L’intendance de Périgueux fournit le tabac. La viande est achetée à des fournisseurs de Sarlat, tandis que le pain provient de Montignac. Antz poursuit : « Je rappelle notamment que le camp du Sablou se trouve isolé, que tout le ravitaillement doit être cherché journellement à Montignac (15 kilomètres aller et retour), une ou deux fois par semaine à Sarlat, à 37 kilomètres d’ici, chez des fermiers de la région dans un rayon quelquefois très étendu, que l’eau doit être prise également à une certaine distance d’ici, que les surveillés ne peuvent laver leur linge sur place mais dans une rivière des environs. » Le camp dispose de trois chevaux, d’une voiture hippomobile destinée au transport du ravitaillement et d’une voiture de tourisme utilisée aux besoins de liaison. Le 1er février 1941, s’adressant au ministre de l’Intérieur, le préfet estime le montant des dépenses engagées depuis la création du centre jusqu’au 31 novembre 1940, à 458 831,63 francs, « imputés sur le budget de la Guerre ».

Visite de la commission allemande "Kundt"

Le 31 juillet 1940, le directeur général de la Sûreté nationale, Didkowski, informe les préfets que : « les autorités militaires ont reçu l’ordre de remettre aux autorités allemandes les Alsaciens qui en ont formulé la demande ». Début août, un commissaire de la Sûreté allemande est envoyé en mission en Dordogne. Celui-ci, du nom de Steiner, rencontre le préfet et lui demande de : « libérer sans retard tous les Alsaciens-Lorrains en vue de leur rapatriement dans leur pays d’origine ». Le 5 août, le préfet signale la présence : « d’une vingtaine d’Alsaciens et Lorrains internés au camp du Sablou et qui ont demandé à recouvrer immédiatement la nationalité allemande ». Il cite également : « une trentaine d’autres (…) anciens Allemands, qui veulent être rapatriés dans leur pays d’origine (...)



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