Arkheia, revue d'histoire

Le château du Sablou en 1940, partie III

Par Jacky Tronel
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : est chercheur associé au projet « Prison militaire du Cherche-Midi » à la Maison des Sciences de l’Homme (Paris) et membre du comité de rédaction de la revue Arkheia.

(...)  ». Le 25 août 1940, de 16 à 17 heures, une commission allemande de contrôle inspecte le camp du Sablou. Elle porte le nom de “commission Kundt”, du nom du docteur Ernst Kundt, haut fonctionnaire au ministère allemand des Affaires étrangères, membre de la commission d’armistice de Wiesbaden (Waffenstillstandskommission). Sa mission consiste à vérifier les conditions d’internement dans les prisons et les camps français, à identifier tous les internés allemands et alsaciens-lorrains, à faciliter le rapatriement de ceux d’entre eux qui en feraient la demande et, enfin, à s’assurer que les dispositions de l’article 19 de la convention d’armistice sont respectées : « Tous les prisonniers de guerre et prisonniers civils allemands, y compris les prévenus et condamnés qui ont été arrêtés et condamnés pour des actes commis en faveur du Reich allemand, doivent être remis aux troupes allemandes ». Les membres de la commission allemande qui se rendent au Sablou ont pour noms : Éric Finmann (secrétaire de légation) ; Heinrich Kistner (Oberscharf-fuehrer) et Karl-Heins Muller (Scharffuehrer), représentant la Gestapo, ainsi que Ludwig Jubitz. La délégation française est représentée par le capitaine de Bruce ; la 12e région militaire, par le commandant Gaigneron. Le rapport de la délégation française est très laconique : « Le camp a été aménagé dans un ancien château ; les internés paraissent assez bien installés et les arbres ombragent les bâtiments et les cours du Sablou (…) 300 internés de nationalité française, pour la plupart communistes ; parmi eux 52 Alsaciens-Lorrains avaient demandé à voir la Commission allemande, 47 optent pour le Reich et demandent leur rapatriement en Alsace » . Le contrôleur général à la Sûreté nationale Ducloux, dans son rapport du 31 août 1940, précise les objectifs que poursuit la commission Kundt : « La recherche sur le territoire non occupé de tous les internés ou prestataires de nationalité ou de race allemande, en vue de leur faciliter le retour dans le Reich, sous la condition toutefois qu’ils satisfassent aux exigences des lois raciales hitlériennes (…) La Commission allemande ne s’est préoccupé que des prestataires aryens ; l’installation et l’organisation des camps de prestataires n’ont pas retenu son attention. Au cours de chacune de ces visites, la Commission Kundt s’adressait d’abord aux ressortissants de nationalité allemande (Reichsdeutsche) en particulier à ceux de nationalité polonaise ou tchèque. En ce qui concerne les Allemands Lorrains, la thèse allemande est que ceux-ci appartiennent à la communauté germanique (Volksdeutsche), et à ce titre ils ont été interrogés dans les mêmes conditions que les autres étrangers de race allemande (…) Les Allemands paraissaient avoir une liste d’individus qu’ils soupçonnaient d’avoir travaillé contre eux et qu’ils ont sans doute l’intention de se faire (...)


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