Arkheia, revue d'histoire

Le château du Sablou en 1940, partie III

Par Jacky Tronel
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : est chercheur associé au projet « Prison militaire du Cherche-Midi » à la Maison des Sciences de l’Homme (Paris) et membre du comité de rédaction de la revue Arkheia.

(...) livrer conformément aux clauses de l’Armistice. La Gestapo recherchait visiblement certains hommes politiques des partis social-démocrate et communiste, qu’elle paraissait très désappointée de n’avoir pas trouvé dans les camps de prestataires. On peut penser enfin que la Commission a cherché à établir les premières bases d’une organisation allemande de renseignements en France, comme le régime nazi a su en créer dans presque tous les pays du monde. Cette organisation, sous des apparences inoffensives au début, deviendrait ultérieurement un vaste réseau d’agents de renseignements chargés d’informer le Gouvernement de Berlin sur tous les événements de France tant au point de vue politique que militaire ». Le 14 octobre 1940, le capitaine Daguet annonce : « qu’il n’existe plus actuellement aucun Alsacien-Lorrain dans le Centre de séjour surveillé du Château du Sablou », et précise : « 4 se sont évadés, entre le 5 et le 22 août, soit avant le passage de la commission Kundt ; 1 a été libéré par la commission et autorisé à rentrer en Lorraine avec sa famille ; 8 ont quitté Le Sablou, le 7 septembre, pour être remis aux autorités allemandes ; 17 ne sont pas rentrés au camp à l’expiration de leur permission accordée en accord avec la commission Kundt ; 1 s’est évadé de l’hôpital de Périgueux où il était en traitement ; 20 ont été remis aux autorités allemandes, le 14 octobre, dont un venait de l’hôpital de Lanmary ».

Mise en place progressive de “mesures de bienveillance

Le 24 août 1940, un rapport du commissaire spécial de la surveillance du territoire de la 12e région classe les internés du Sablou en quatre catégories : les internés atteints de maladie ; les internés âgés de 50 ans et plus ; les internés n’ayant jamais appartenu au Parti communiste et les internés membres du Parti communiste. Seuls les “internés âgés de 50 ans et plus”, ou “n’ayant jamais appartenu au Parti communiste”, sont susceptibles de bénéficier d’une mesure de clémence après vérification de leur situation, à la seule condition que les préfets ayant prescrit l’internement estiment une telle décision opportune. Concernant la “révision de certains dossiers d’indésirables Français”, des instructions plus précises émanant du ministre de la Guerre parviennent aux préfets, par courrier daté du 4 octobre 1940. L’autorité de ces derniers se trouve confirmée, voire même amplifiée : « Vous aurez donc désormais tout pouvoir pour maintenir les internements prononcés, ou lever, après un examen sévère et scrupuleux des dossiers, de concert avec l’autorité militaire, la mesure prise à l’encontre des internés (…) Il importe en raison des circonstances actuelles de poursuivre l’application du décret-loi du 18 novembre [1939] et de maintenir la majorité des internements prononcés. Pourront néanmoins faire l’objet d’une mesure de (...)



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