Arkheia, revue d'histoire

Le château du Sablou en 1940, partie III

Par Jacky Tronel
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : est chercheur associé au projet « Prison militaire du Cherche-Midi » à la Maison des Sciences de l’Homme (Paris) et membre du comité de rédaction de la revue Arkheia.

(...) libération : les individus qui ne présentent pas un réel danger pour la défense nationale ou la sécurité publique ; les individus victimes d’erreurs ou de dénonciations calomnieuses ; les individus qui sont particulièrement dignes d’intérêt de par leur mauvaise santé ou leur situation de famille. J’ajoute que, dans certains cas complexes (par exemple : libération d’un député communiste), vous pourrez me consulter sur la mesure à adopter, en m’adressant vos propositions. Il conviendra d’examiner, en premier lieu, les situations les plus dignes d’intérêt, étant entendu que les mesures de libération devront présenter un caractère rigoureusement exceptionnel [souligné dans le texte] ». L’autorité militaire semble faire preuve de quelque humanité, quand, s’adressant au préfet, elle lui demande d’examiner sans tarder la liste des “indésirables Français” internés au Sablou, susceptibles de bénéficier d’une mesure de libération. Le 31 octobre 1940, le général de division Jeannel, commandant la 12e région, interpelle le préfet de la Dordogne en ces termes : « Étant donné les conditions défavorables de la température, il y aurait le plus grand intérêt à appliquer au plus tôt les prescriptions de la D.M. [directive ministérielle] en question, d’autant plus que la libération de quelques internés permettrait d’améliorer l’installation matérielle de ceux qui seraient maintenus au Camp. En conséquence, je vous serais obligé de bien vouloir provoquer, de la part des Préfets intéressés, une décision rapide pour les indésirables qui vous semblent mériter une mesure de bienveillance ». Le nombre de bénéficiaires de ces mesures de bienveillance semble compris entre 25 et 50, soit de 9 à 18 % de l’effectif total. C’est le rapport n° 663 du 4 novembre 1940 qu’adresse le commissaire spécial Antz à Vichy qui permet de tirer cette conclusion : « Le centre du Sablou héberge actuellement près de 275 surveillés. Un certain nombre d’entre eux sera proposé ce jour, par le chef actuel du centre, le capitaine Daguet, à la commission de criblage, pour le renvoi dans leur foyer, les uns en raison de leur bonne conduite depuis leur arrivée ici ou de leur âge, d’autres pour des raisons de santé ou de famille. Le nombre des surveillés après le départ de ceux qui auront obtenu leur libération variera donc vraisemblablement entre 225 et 250 ».

Fermeture du camp et transfert des internés

Une note sur la situation et l’organisation des camps, émanant de la direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), signale le regroupement de 16 camps pour “indésirables Français” administrés jusqu’alors par le ministère de la Guerre : « Dans les huit premiers jours de janvier 1941, les camps de Thiers et de Mons (Puy-de-Dôme), du Sablou (Dordogne) et de Saint-Angeau (Cantal) ont été supprimés, les effectifs de ces camps ayant été dirigés ainsi (...)



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