Arkheia, revue d'histoire

Le château du Sablou en 1940, partie III

Par Jacky Tronel
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : est chercheur associé au projet « Prison militaire du Cherche-Midi » à la Maison des Sciences de l’Homme (Paris) et membre du comité de rédaction de la revue Arkheia.

(...) que 79 internés français du camp de Gurs (Basses-Pyrénées) sur les camps de Saint-Paul et de Nexon (Haute-Vienne) ». Un télégramme du ministère de l’Intérieur, daté du 28 décembre, parvient au préfet : « Opérer dans la journée du 30 décembre transfert sur Camp de Saint-Paul (Haute-Vienne) des internés du Camp du Sablou… »

Le colonel Blasselle dirige les opérations : « Le mouvement aura lieu dans les conditions suivantes : transport des détenus en autobus du Camp du Sablou au Lardin (gare). Le Lardin – Saint-Paul par voie ferrée via Limoges (départ du Lardin à 7h15). Le capitaine commandant la Compagnie de la Dordogne prévoira le personnel de conduite et de surveillance (effectif des internés : 231), réglera le mouvement des autobus en accord avec la maison Gonthier de Périgueux (qui a reçu des ordres de la Préfecture de la Dordogne) ». Par un courrier du 31 décembre, posté de Saint-Paul-d’Eyjeaux, le commissaire spécial Antz rend compte de sa mission au préfet : « J’ai l’honneur de vous rendre compte que le transfert de mon centre sur le camp de St-Paul-d’Eyjeaux dans la journée d’hier, s’est effectué sans incident. 228 surveillés ont été remis entre les mains du chef du camp de St-Paul-d’Eyjeaux, M. Humbert, qui vous en transmettra prochainement la liste nominative ». Le 11 janvier 1941, Antz adresse un dernier rapport au préfet de la Dordogne : « Après mon départ et celui de M. Richaud (…), il ne restera donc plus ici, à partir du 17 janvier et jusqu’à nouvel ordre, que M. Lefebvre, secrétaire gestionnaire, et M. Wolfram, secrétaire au ravitaillement, qui achèvent de mettre à jour la régularisation des comptes avec le trésorier du 26e R.I. et l’inventaire du matériel tant cédé au camp de St-Paul-d’Eyjeaux que resté sur place (…) M. Lefebvre gérera le camp après mon départ ». Le 30 décembre 1940, jour du transfert des 228 “Sablousards”, 18 internés se trouvant hospitalisés à Périgueux ne peuvent rejoindre Saint-Paul. Neuf d’entre eux sont toujours à l’hôpital Lanmary au 31 janvier 1941 ; un se trouve à l’hôpital mixte de Périgueux ; Auguste Lecaque est déclaré décédé à cet hôpital, le 20 janvier 1941 ; Gaston Henry rejoint Saint-Paul après guérison, le 9 janvier ; les six derniers sont considérés comme évadés.

Devenir du Sablou et de ses "indésirables"

L’aventure des “indésirables” du Sablou ne se termine pas en Haute-Vienne. Saint-Paul d’Eyjeaux n’est qu’une étape, la dernière sur le sol français. Le 1er mars 1941, à 5 heures du matin, 155 d’entre eux quittent le camp de Saint-Paul, montent dans des cars qui les conduisent à Pierre-Buffière, situé à 20 kilomètres de Limoges. Là, un train spécial les attend. Aux 155 de Saint-Paul, se joignent 90 internés du camp de Nexon, puis 21 détenus du camp de Saint-Germain-les-Belles, « soit au total un départ, de la (...)



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