Arkheia, revue d'histoire

Le château du Sablou en 1940, partie III

Par Jacky Tronel
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : est chercheur associé au projet « Prison militaire du Cherche-Midi » à la Maison des Sciences de l’Homme (Paris) et membre du comité de rédaction de la revue Arkheia.

(...) Haute-Vienne, de 266 internés politiques ». Arrivés à Port-Vendres, ces hommes sont embarqués dans les cales d’un cargo ayant du nom de Djebel-Nador. Ce dernier lève l’ancre de nuit et met le cap sur l’Afrique du Nord. Son étrange cargaison est débarquée sur les quais du port d’Alger. De là, en train, à raison de vingt-deux hommes et deux gardes par wagon, les “indésirables” voyagent jusqu’à Djelfa. Le Fort Cafarelli constitue le terme de leur exode pénitentiaire. Dans leur ouvrage Le siècle des camps, Joël Kotek et Pierre Rigoulot décrivent les conditions d’internement : « Les camps nord-africains, sous le contrôle de l’armée française, dans les conditions climatiques qu’on imagine, dans le grand sud algérien ou marocain, sont certainement parmi les plus durs que la France ait mis sur pied. Les conditions d’hygiène sont lamentables (mouches, poux, puces). Le typhus fait des ravages. Les détenus travaillent (travaux agricoles, forge, menuiserie, fabrique de tuiles et de briques). La discipline est sévère. Les peines de prison dans le fort de Cafarelli (quinze jours dans une cellule de 2,5 m sur 1,25 avec trois quarts de litre d’eau par jour et deux rations de soupe) font peur » . Au lendemain de la Libération, l’ampleur de l’Épuration rend nécessaire l’ouverture de nouveaux camps et prisons. Le 24 octobre 1944, l’inspecteur Gaston Monteil répond à une demande du commissaire divisionnaire de la Dordogne l’interrogeant sur les possibilités de création de camps d’internement en Dordogne. Deux camps sont cités, Mauzac et Le Sablou. À propos du second, l’inspecteur déclare : « Le camp de Sablou est désaffecté depuis septembre 1940 [en réalité depuis fin décembre] et son état actuel ne permet pas de l’utiliser immédiatement. Il ne possède aucun système de fermeture. Sa capacité totale est d’environ 4 à 500 personnes [?] ». Le 3 novembre 1944, le préfet demande au commissaire spécial, chef du service des RG, d’envoyer au Sablou un inspecteur : « qui se rendra compte de l’état des lieux et qui sera chargé de faire un relevé des travaux qu’il y aurait lieu d’effectuer, en vue de sa réaffectation ». En fait, le projet ne verra jamais le jour. Le château du Sablou est transformé en centre pour colonies de vacances, propriété de la commune d’Alfortville (Val-de-Marne). Il fonctionne ainsi pendant vingt-cinq ans, jusqu’au début des années quatre-vingt-dix. Aujourd’hui propriété privée, il a vocation de centre d’hébergement et de gîte d’étape pour touristes.

Polémique autour d’une plaque commémorative

Le 22 avril 1990 au matin, en présence d’André Moine, Raymond Bouquet et André Marcillaud, anciens “Sablousards” ; de Gaston Plissonnier, membre du bureau politique du parti communiste français (PCF) ; de Madeleine Quéré, fille aînée de Jean Gatinel, boulanger communiste de Montignac ; de Denise Peyramaure, fille (...)



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