Arkheia, revue d'histoire

Le château du Sablou en 1940, partie III

Par Jacky Tronel
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : est chercheur associé au projet « Prison militaire du Cherche-Midi » à la Maison des Sciences de l’Homme (Paris) et membre du comité de rédaction de la revue Arkheia.

(...) d’Alfred Chaumel ; et d’une nombreuse assistance, une stèle commémorative érigée non loin du Sablou est inaugurée. Madeleine Quéré est à l’origine de cette initiative, relatée par le détail dans l’édition du 18 avril 1990 du journal L’Humanité, sous le titre : “L’oubli vaincu”. Le monument commémoratif en question est dressé à l’angle des routes de Biars et de Fan-lac, au pied du château du Sablou. Sur la plaque gravée, on peut lire ceci : « L’année 1940 au camp du Sablou. Il y a 50 ans, du 17 janvier au 31 décembre 1940, au château du Sablou est ouvert un camp d’internement surveillé où 320 communistes syndicalistes militants qualifiés indésirables et dangereux sont internés par les gouvernements français puis de Vichy. La plupart seront déportés en Afrique du Nord. Comme Jacquou, ils résistaient à l’asservissement et défendaient notre honneur et notre liberté. N’oublions jamais. Demeurons vigilants. Monument érigé le 22 avril par les témoins, les familles et les amis ».

Le texte de cette stèle a fait l’objet d’une vive polémique, portant sur trois points. La première pierre d’achoppement relève de la querelle sémantique. La qualité de “déportés politiques” est contestée aux internés du Sablou au motif que l’expression désigne – selon les termes du statut de déportés politiques institué par la loi de 1948 (28) – les personnes « transférées et internées par l’ennemi dans des prisons ou camps de concentration hors du territoire national (…) dans tous autres territoires exclusivement administrés par l’ennemi (…) ou emmenées par l’ennemi vers une prison ou un camp de concentration, décédées ou évadées au cours du trajet ». Or le Centre de séjour surveillé du Sablou se trouve en France, en zone libre ; et le camp de Djelfa, en Algérie française… Et c’est l’État français qui décida de la “transportation” en Afrique du Nord. La deuxième remarque tient au fait que seuls les “communistes syndicalistes militants” sont mentionnés. Or, nous l’avons vu, des dizaines d’autonomistes alsaciens et lorrains, basrhinois et luxembourgeois sont, eux aussi, assignés au Sablou. En effet, on peut estimer à environ 20 % le nombre des internés issus du Nord-Est de la France et du Luxembourg. Tous ne sont pas communistes. Quant aux Tsiganes, bien que très minoritaires au Sablou, eux aussi méritent d’être cités. Rappelons à ce propos qu’au procès de Nuremberg, aucune mention des victimes tsiganes n’a été faite, alors que 260000 d’entre elles – sur les quelque 750000 vivant en Europe en 1939 – ont été exterminés par les nazis et leurs alliés. La troisième et dernière objection tient à l’emploi du verbe “résister” et au statut autoproclamé de résistant qu’il sous-tend. En 1997, la journaliste et écrivain Anne-Marie Siméon, sous le pseudonyme de “Jacquou”, signait un (...)



| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
Toutes les questions et les réponses sur l’Occupation
99 questions... La France sous l’Occupation de Max Lagarrigue. L’indipensable ouvrage pour tout comprendre sur le sujet. Pour le commander cliquez ici
Luchy : il y a 95 ans, se déroula la (...) La Dépêche | Publié le 11/11/2009 10:58 Un après-midi d’août 1914 plus de 800 soldats montalbanais furent tués en Belgique En ce jour de célébration du quatre-vingt onzième anniversaire de l’armistice (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia