Arkheia, revue d'histoire

Le château du Sablou en 1940, partie III

Par Jacky Tronel
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : est chercheur associé au projet « Prison militaire du Cherche-Midi » à la Maison des Sciences de l’Homme (Paris) et membre du comité de rédaction de la revue Arkheia.
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(...) article dans lequel elle avançait le fait que « les hommes internés au Sablou ne l’ont pas été pour faits de résistance – comment cela aurait-il été possible en janvier 1940 ? – mais tout simplement parce qu’ils appartenaient de près ou de loin au Parti communiste français qui soutenait Staline. Et n’est-ce pas d’ailleurs suffisant pour s’en offusquer au nom de la liberté d’opinion et de pensée ? Pourquoi en rajouter, pourquoi tenter l’amalgame entre militantisme communiste et résistance ? Si une plaque de marbre ne peut être aussi complète qu’un livre d’histoire, elle est en revanche plus accessible, plantée là, au bord d’une route, lisible par tous aujourd’hui et demain. Il est donc préférable d’en peser les mots en évitant de jouer avec ». (28) La remarque est pertinente. Si la qualité de “résistants” ne peut être contestée aux communistes, elle ne vaut pas pour 1940 mais pour la suite des événements au cours desquels les communistes ont eu une part décisive dans l’engagement contre l’occupant nazi. Reste que, sauf exceptions et signes annonciateurs au printemps 1941, on ne peut pas parler d’entrée en “résistance” du PCF contre l’occupant nazi, entrée en résistance qui fut explicitement revendiquée après le 22 juin 1941, date de l’agression allemande contre l’Union soviétique. De plus, à l’échelle décisive, celle de l’organisation et de la coordination des réseaux, les choses ne se firent que très progressivement : c’est principalement après l’invasion de la zone Sud (novembre 1942) et plus précisément à partir du 16 février 1943 que s’affirme le refus du STO (Service du travail obligatoire) grâce auquel ces réseaux, puis les maquis, seront alimentés en hommes jeunes et déterminés. Les forces de la Résistance FTPF (Francs-tireurs et partisans français), et dans une moindre mesure celles de l’AS (Armée secrète) et de l’ORA (Organisation de la résistance de l’armée), voient ainsi leurs effectifs décupler : dès lors, on peut tout à fait légitimement parler de “résistance à l’asservissement” et de “défense de notre honneur et notre liberté”. Quoi qu’il en soit, les “indésirables Français” du centre de séjour surveillé du château du Sablou et des camps d’Afrique du Nord, communistes et syndicalistes – mais aussi Alsaciens, Lorrains, Luxembourgeois et Tsiganes – ont tout à fait leur place aux côtés d’autres “oubliés de l’Histoire” (Polonais, homosexuels, témoins de Jéhovah…). Tous méritent le respect, au-delà de toute récupération partisane et de tout procès d’intention.

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