La commission a d’abord interrogé plusieurs témoins russes qui ont confirmé qu’au cours des mois de mars et d’avril 1940 des trains ont amené, presque chaque jour, de nombreux officiers polonais à la gare de Gniesdovo. Transportés ensuite dans des voitures cellulaires jusqu’aux bois de Katyn, ils ne les ont plus jamais revus. On estime que les sept fosses qui ont été ouvertes peuvent contenir environ 2500 cadavres d’officiers, dont neuf ont été disséqués et d’autres soumis à un examen médico-légal. Les expertises ont donné les résultats suivants : "Pour tous les cadavres exhumés jusqu’à présent, sans aucune exception, la mort a été attribuée à un coup de feu dans la nuque. Le mode d’éclatement du crâne et la présence de fumée de poudre au voisinage de la blessure ainsi que d’autres constatations, permettant de localiser l’entrée du projectile, indiquant qu’il s’agit en l’espèce de coups tirés à bout portant ou de très près de la victime. De plus la direction du projectile sauf quelques déviations sans importance, est semblable dans tous les cas. Cette similitude extraordinaire des blessures et de leur localisation dans une partie très étroite de la partie postérieure du crâne permet de conclure que les exécuteurs étaient particulièrement expérimentés". Le rapport précise aussi que "sur plusieurs cadavres, il a été possible de reconnaître des traces toujours semblables de ligotage des mains" et que "dans certains cas, on a pu constater sur les effets et sur l’épiderme des coups de baïonnette à section quadrangulaire et à quatre tranchants. Le mode de ligotage est analogue à celui qui a été constaté sur des cadavres russes qui ont été exhumés à Katyn et qui avaient été enterrés à une époque antérieure". Les enquêteurs ont de plus constaté "que des coups de feu à la nuque, (...)
A lire : l’analyse critique de l’historien Jean-Louis Panné sur l’ouvrage exceptionnel de Kazimierz Moczarski, Entretiens avec le bourreau (Gallimard).