Arkheia, revue d'histoire

Le massacre de Katyn : un crime ordonné par Staline

Par Gilbert Beaubatie
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Seconde Guerre mondiale

(...) est opposée, les nazis, "experts en barbarie autant qu’en propagande" (2) vont s’empresser d’inviter à se rendre à Katyn une commission internationale formée "des représentants les plus éminents de la médecine légale et des criminalistes les plus réputés d’Europe ainsi que des professeurs des diverses facultés de médecine". Parmi eux le professeur François Naville, de l’Université de Genève, antinazi déclaré qui pourtant a accepté l’offre allemande, "pour rendre service aux Polonais et à la vérité". Après la guerre, il attestera qu’il a pu, comme les autres experts, avoir pu travailler librement, et avoir signé le rapport des expertises sans la moindre pression. Du 28 au 30 avril 1943, la commission internationale, sous la conduite du docteur Conti, "Führer de la Santé du Reich", s’est donc rendue sur les lieux pour procéder à un examen et "faire un rapport objectif sur les données de l’affaire". Une semaine plus tard, la presse corrézienne a pu porter à la connaissance de ses lecteurs les résultats de l’enquête.

Des conclusions "accablantes pour les Soviets" (6)

La commission a d’abord interrogé plusieurs témoins russes qui ont confirmé qu’au cours des mois de mars et d’avril 1940 des trains ont amené, presque chaque jour, de nombreux officiers polonais à la gare de Gniesdovo. Transportés ensuite dans des voitures cellulaires jusqu’aux bois de Katyn, ils ne les ont plus jamais revus. On estime que les sept fosses qui ont été ouvertes peuvent contenir environ 2500 cadavres d’officiers, dont neuf ont été disséqués et d’autres soumis à un examen médico-légal. Les expertises ont donné les résultats suivants : "Pour tous les cadavres exhumés jusqu’à présent, sans aucune exception, la mort a été attribuée à un coup de feu dans la nuque. Le mode d’éclatement du crâne et la présence de fumée de poudre au voisinage de la blessure ainsi que d’autres constatations, permettant de localiser l’entrée du projectile, indiquant qu’il s’agit en l’espèce de coups tirés à bout portant ou de très près de la victime. De plus la direction du projectile sauf quelques déviations sans importance, est semblable dans tous les cas. Cette similitude extraordinaire des blessures et de leur localisation dans une partie très étroite de la partie postérieure du crâne permet de conclure que les exécuteurs étaient particulièrement expérimentés". Le rapport précise aussi que "sur plusieurs cadavres, il a été possible de reconnaître des traces toujours semblables de ligotage des mains" et que "dans certains cas, on a pu constater sur les effets et sur l’épiderme des coups de baïonnette à section quadrangulaire et à quatre tranchants. Le mode de ligotage est analogue à celui qui a été constaté sur des cadavres russes qui ont été exhumés à Katyn et qui avaient été enterrés à une époque antérieure". Les enquêteurs ont de plus constaté "que des coups de feu à la nuque, (...)



| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
Référence en vente sur ce site
Le livre sur l’Exode : 1940, La France du repli : l’Europe de la défaite sous la direction de Max Lagarrigue, plus de 30 contributions dont Stanley Hoffmann, Jean-Marie Guillon, José Gotovitch...
Les Caprices du Temps
Fallières : président abolutionniste 1906‐1908 : alors que l’Assemblée est en ébullition à cause du projet d’abrogation de la peine de mort défendu par le président Armand Fallières, l’affaire Soleilland éclate. Le nouveau chef de l’État et (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia