Arkheia, revue d'histoire

Le repli des armées française, juin 1940

Par Colonel Jacques Vernet
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : Directeur de la Revue historique des armées.

(...) points remarquables seront organisés en hérissons, où sera répartie l’artillerie divisionnaire, qui prendra sous ses feux croisés les pénétrations blindées. Le moral des combattants, ébranlés par les événements de mai, retrouve ses qualités de mordant et de ténacité, dés lors que ceux-ci se sentent commandés dans la bonne direction. Il faut reconnaître cependant que les pertes humaines et matérielles subies par les armées françaises en mai ne permettent pas au général Weygand d’opposer plus de soixante et onze divisions, qui n’en ont pour certaines que le nom. Ainsi les 3e et 4e DCR ont la moitié de leur dotation de chars, les 2e, 3e et 5e DLC ne comptent, à elles trois, que trente-cinq automitrailleuses. Les divisions légères d’infanterie ne comptent que deux régiments appuyés par un petit groupe d’artillerie. Compte tenu de la longueur du front à tenir, les trois armées bordant la Somme doivent confier des secteurs de quinze à vingt kilomètres à chacune de leurs divisions, ce qui est bien au delà de la norme reconnue à l’époque par toutes les écoles de guerre. Enfin, pour aggraver la situation, les lignes d’eau ne sont pas des obstacles homogènes. Les unités allemandes ont conquis des têtes de pont au sud de la Somme, à Péronne, Corbie, Amiens, Picquigny, Abbeville et Saint-Valéry-sur-Somme. Malgré les tentatives héroïques de la 4e D.C.R. (Général de Gaulle) à Abbeville (23 mai, reprise par la 2e DCR le 4 juin), de la 7e D.I.C. (Général Noiret) contre Amiens et de la 19e DI (Général Toussaint) à Péronne, il fut impossible de résorber ces têtes de port adverses qui allaient permettre la reprise de l’offensive allemande.

Les offensives allemandes

Le 5 juin au matin, le groupe d’armées B du colonel-général v. Bock avec les 4e (Kluge) et 6e Armées (Reichenau) attaque de l’embouchure de la Somme à La Fére. L’action est menée par deux groupements blindés : Hoth qui attaque face à la 10° Armée, et Kleist, le plus fort avec 4 Panzer Divisions, face à la 7° Armée l’ensemble est accompagné de quatre divisions motorisées et une de cavalerie, en première ligne, et est suivi de trente-sept divisions d’infanterie en deuxième échelon. Face à l’attaque, le G.A.3 aligne seize divisions sur deux cent soixante kilomètres. Les deux premières journées de l’offensive prouvent la qualité des défenseurs et la validité des mesures prises par le général Weygand dans l’organisation du terrain. La bataille fait rage partout, aucune décision n’est acquise et les Allemands perdent de nombreux chars devant les points d’appui qui tiennent ferme. Mais l’absence de couverture aérienne, la dispersion de l’artillerie qui l’a empêchée d’appliquer les tirs de neutralisation ou de destruction qui auraient valorisé les coups d’arrêt marqués sur les attaques, l’usure des unités déjà en sous-effectifs mènent fatalement à (...)



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