Arkheia, revue d'histoire

Le sort des Tsiganes périgourdins autour de la Seconde guerre mondiale

Par Jacky Tronel
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : attaché de recherche à la Fondation Maison des sciences de l’homme (Paris) et coordinateurs de la rédaction de la revue Arkheia.

(...) 

LE CAMP DE SÉJOUR SURVEILLÉ DU CHÂTEAU DU SABLOU Ce centre d’internement est situé en Dordogne, sur la commune de Fanlac, non loin de Montignac. Il a été créé le 17 janvier 1940. Jusqu’au 20 juin 1940, le commandement est placé sous l’autorité du capitaine Saule. De fin juin à début novembre, le capitaine Daguet assure la direction du camp. Il est remplacé le 5 novembre par le commissaire spécial Antz qui commande le camp jusqu’à sa fermeture, le 30 décembre 1940. Le 31 octobre 1940, la garde du camp qui était sous la responsabilité du ministère de la Guerre passe sous le contrôle du ministère de l’Intérieur (Direction générale de la Sûreté nationale). Si la population internée est majoritairement composée de communistes et de syndicalistes arrêtés et détenus par mesure administrative, sur ordre du préfet, d’autres catégories de détenus figurent parmi les 320 prisonniers ayant séjourné au Sablou. Il y a parmi eux quelques détenus démobilisés issus des compagnies spéciales de travailleurs militaires, des autonomistes Alsaciens-Lorrains, de rares pacifistes et objecteurs de conscience ainsi que cinq Tsiganes, dont les trois frères Lagrenée : Wilhem, Joseph et Johan, signalés comme « musiciens ambulants sans domicile fixe ».

Soupçonnés d’espionnage, les Tsiganes d’Alsace-Lorraine sont les premières victimes de l’occupant qui, dès juillet 1940, les expulse vers la zone libre. Ils sont progressivement internés dans les camps d’Argelès-sur-Mer, Barcarès et Rivesaltes, avant d’être transférés en novembre 1942 sur le camp de Saliers (Bouches-du-Rhône), camp spécialement créé par le gouvernement de Vichy pour l’internement des Tsiganes. En Dordogne, pour l’année 1940, le “Camp de Fanlac” (Château du Sablou) est également désigné pour l’internement des Tsiganes. Les hommes y sont assignés à résidence, sur ordre du préfet, tandis que roulottes, femmes et enfants sont cachés dans la forêt alentour. Les Tsiganes se rendent utiles aux cuisines, sculptent des cannes, tressent des paniers que, par humanité, des familles communistes de Montignac s’efforcent de vendre dans les villages voisins afin de leur procurer un moyen de subsistance. Musiciens, leurs violons les accompagnent. Jugé trop délicat à garder, difficile à approvisionner du fait de son isolement, le camp de séjour surveillé du Sablou ferme à la fin de l’année 1940. Les 228 détenus qui s’y trouvent encore sont transférés vers le camp de Saint-Paul d’Eyjeaux, en Haute-Vienne. La cessation des combats contre l’Allemagne, le 8 mai 1945, ne met pas fin pour autant aux mesures d’assignation à résidence. Toujours sous le coup du décret-loi du 6 avril 1940 interdisant la circulation des nomades pendant toute la durée de la guerre, les Tsiganes détenus dans les camps d’internement français doivent attendre la promulgation de la date (...)


Réagir à cet article 2 Messages de forum
  • MERCI
    15 septembre 2011 12:57
    Bonjour, j’ai apprit plein de chose sur mon peuple en France, perso je suis manouche, né en France, mai parent aussi (tous les 2 fonctionnaire)et élever en maison avec la caravane dans la cour,et a la maison on parlai moitie Français et moitie manouche (dialect, puisque pas de grammaire) ma famille vient d’Italie, et pour pas être déporter par Mussolini a changer juste une lettre sur notre patronnime pour que notre nom soit total Français (MICHELET)sa sonne bien français non ? ma famille c donc installer en Bretagne (vannes)mai je les connais pas moi perso suis a paris, mai toujours fière de mais racines encore une foi, merci pour ces renseignements.
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    • Très bon article !
      6 novembre 2012 19:02, par Dusan tiganilor
      Bonjour,étant tzigane également notre nom à été changé ou plutôt italianisé venant des pays de l’est pour fuir les percussions des gitans avant la guerre,quand la guerre est arrivé,notre famille voyageait entre plusieurs pays d’Europe centrale et s’est réfugiée en Suisse qui était un pays neutre,semi-sédentarisés dans le nord est de la France et tziganes non sédentarisés qui voyagent encore dans toute la France et en Europe,c’est grâce au changement de nom qui nous a sauvés mais les problèmes sont toujours restés,les préjugés,insultes,mettre le feu aux caravanes,on nous appelaient "les romanos du chemin" après la guerre,ma mère sédentarisé complètement depuis un moment,je n’ai jamais voyagé,une partie de la famille veut reprendre la route ainsi que moi,c’est nos racines mais le carnet de circulation donne un étiquette,je trouve ça discriminatoire mais ça peut servir à innocenter de vols commis dont nous pouvons être accusés,ça a du et du mauvais mais c’est un enlèvement de liberté,ne pas retrouver ses racines pour ne pas avoir de problèmes,je pense à l’extermination de mon peuple encore aujourd’hui très souvent,une pensée aux victimes de mon peuples et aux autres qui ont été considérés inférieur à la race humaine,pourrons nous vivre enfin un jour en paix ? Les sédentaires non gitans ont beaucoup à apprendre sur nous afin de voir disparaître les préjugés et misères depuis 1000 ans. Paix à tout le monde,à mon peuple et fier d’être Rrom.
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