
Le transfert de Moussinac jusqu’au siège du tribunal militaire se fait à pied et sous escorte, de Nontron à Saint-Pardoux-la-Rivière, puis par le train, via Brantôme : « Nous sommes arrivés à Périgueux vers 10 heures, écrit-il. Il faisait froid. On est allé se réchauffer à la gendarmerie. Puis, à midi, mes gardiens m’ont emmené déjeuner avec eux à l’auberge du Cheval blanc […] Le repas fini, nous partons pour le siège du tribunal militaire de la XIIe région. Un hôtel réquisitionné, dans une vieille rue du centre. Nous sommes en avance. Une petite chambre d’attente au second étage. » En fin d’après-midi, le juge Arnoux annonce à Léon Moussinac sa mise en liberté provisoire. Assigné à résidence à Périgueux, il est tenu de se présenter au juge militaire tous les deux jours. Avec Jeanne, sa compagne, ils prennent pension à l’hôtel Domino [futur hôtel Talleyrand-Périgord, place Francheville]. Le 26 avril 1941, l’écrivain communiste reçoit une citation à comparaître à l’audience du 5 mai. Moussinac décrit son arrivée au palais de justice, la Tribulations judiciaires d’un prisonnier politique : Léon Moussinac longue attente dans la salle d’audience… « On nous regarde du prétoire : greffier, gendarmes, commissaire du gouvernement, soldats de service. Enfin, selon le cérémonial d’usage : le Tribunal… Présentez… armes ! Les juges font leur entrée : un colonel, deux commandants, un capitaine, un lieutenant, un adjudant et un simple soldat. Ils saluent, ôtent le casque et s’installent ». Il est 3 heures quand est donnée lecture de l’acte d’accusation. Interrogatoire du président, accusation du commissaire du gouvernement qui réclame que le maximum de la peine soit appliqué, soit cinq années d’emprisonnement, plaidoirie de l’avocat, dernière défense de l’accusé, puis délibération du tribunal. C’est finalement l’acquittement pur et simple. Léon Moussinac est entré à l’Humanité en 1922. Il y tiendra durant une dizaine d’années une chronique de critique cinématographique. En 1928, il va fonder Les Amis de Spartacus, pour diffuser le cinéma soviétique. L’aventure sera interrompue au bout de six mois par le ministère de l’Intérieur. Moussinac meurt en 1964. Son ami Aragon lui adresse dans Les Lettres françaises le texte intitulé « Cette nuit de nous » dans lequel il s’engage, en poète, à ne jamais la (...)
Avec la participation de Patrick Cabanel, Antonio Ferrer Benimelli, Hilari Raguer, Joseph Pérez, Gérard Malgat et Elvire Diaz...Commander le dès aujourd’hui