Dans le cadre de ma conférence organisée à Montauban sur l’invitation de l’association [2] le 15 juin 1999, j’ai essayé d’apporter des éclaircissements à la question posée relative au rapatriement volontaire vers le Reich d’environ 250 communistes autrichiens et allemands, internés dans les camps du Sud de la France, afin de participer à la résistance en Allemagne. Cette question soulève de nombreux problèmes quant au fonctionnement des partis communistes de l’époque, à la politique de Staline, à la guerre menée contre le nazisme. Voici quelques éléments complémentaires de réflexion : la Convention d’armistice franco-allemande du 22 juin 1940 comportait des accords politiques visant directement la situation des ressortissants du Reich résidant en France. Ces clauses (article 19) prévoyaient la libération de tous les prisonniers civils et militaires, mais aussi la remise aux autorités allemandes, sur leur demande, de tous les Allemands qui seraient nommément désignés par le gouvernement du Reich. Une sous-commission de la commission allemande d’armistice était chargé, en étroite collaboration avec le ministère des Affaires étrangères de Berlin, du rapatriement des prisonniers civils et des “ autres ressortissants allemands à partir de l’ensemble du territoire relevant de la souveraineté française “. La Gestapo devait intervenir dès l’été 1940 pour les opérations de rapatriement des soldats de la Légion étrangère, des prestataires ou des anciens membres des brigades internationales. La commission allemande de rapatriement avait aussi pour mission de rapatrier sur le territoire du “ Grand Reich “ les “ bons éléments “ parmi les réfugiés allemands et autrichiens internés dans les camps français. Les internés politiques se voyaient ainsi offrir “ la chance “ de redevenir des Allemands “ corrects “ et d’être réintégrés dans la communauté allemande, après un séjour de “ rééducation “ dans les camps de concentration allemands. [3] Le 18 septembre 1939 les responsables des partis communistes allemand et autrichien en France furent informés que le travail de (...)
Renaud Jean. Carnets d’un paysan député communiste par Max Lagarrigue. Le parcours hors du commun d’un Marmandais qui cotoya Lénine, Trotsky, Thorez...