Arkheia, revue d'histoire

Les Quatre Cents Coups de Montauban, légende ou réalité ?

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°4
Auteur : Max Lagarrigue est historien, directeur-fondateur de la revue Arkheia.

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Au début du XVIIe siècle, après l’assassinat d’Henri IV (1614), la France de Louis XIII se lance à l’assaut de la république des parpaillots. L’Edit de Nantes (1598) leur avait permis d’obtenir un certain nombre de libertés comme la pratique du culte mais aussi des avantages politiques : places de sûreté, assemblées, députés représentant le Parti protestant à la Cour. Soutenu par sa mère Marie de Médicis, le jeune Louis XIII n’entend pas conserver cette situation qui brave l’autorité royale qui, elle, ne peut-être que catholique. Les tensions entre les deux communautés religieuses sont désormais telles que l’armée royale se mobilise pour faire face à la résistance huguenote. Les places fortes protestantes qui dénient la religion du roi de France, sont systématiquement assiégés. Réfractaire à cette autorité, Montauban doit donc subir les foudres des canons du Roi tout-catholique.

A cette époque, Montauban a le même rang que la Rochelle. La place forte quercynoise est alors même baptisée “la petite Genève française”. Entièrement huguenote, sa population d’environ 15.000 habitants compte 10.000 calvinistes. La vie sociale est très avancée : une bourgeoisie éclairée a pu naître et a fait fructifier le commerce. La gestion de la ville est aux mains de Consuls (élus par 25 habitants représentant toutes les corporations de la ville) qui jouissent d’une grande autonomie. A cette micro-société, il faut ajouter ses fleurons : le Collège et l’Académie qui recrutent des élèves dans toutes les provinces du royaume et à l’étranger. C’est pour toutes ces raisons que Montauban-la-protestante donne l’image d’une véritable République huguenote. Louis XIII, après avoir soumis Agen, décide le 10 août 1621 de mettre fin à la fronde montalbanaise. Le 17 août, le roi s’installe au château de Piquecos et entame le siège. Ce dernier ne cesse que quatre mois plus tard avec la victoire des Montalbanais. La légende veut que face à l’opiniâtreté des assiégés, les 25.000 hommes de l’armée de Louis XIII aient été mis en déroute à chaque assaut. Après des batailles où les pertes sont dramatiques pour Louis XIII, celui-ci aurait fait appel aux services d’un alchimiste espagnol très connu. Le sorcier aurait, devant le Tarn, médité un long moment avant de donner la recommandation suivante au Roi : “il faut faire peur aux habitants de la ville. Une grande peur qui les fera se rendre”. La chose entendue, le monarque aurait demandé à son artillerie de tirer simultanément “400 coups de canons”. Dans un vacarme assourdissant, les 400 boulets auraient été projetés sur les murs de la cité. Quand, le silence serait retombé, les assaillants attendant la réédition ne virent rien venir. Au contraire, leur résistance n’en fut que fortifiée. Diverses interprétations de cet événement sont dès lors données selon les scribes. La version la plus répandue et qui n’en est pas moins (...)


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