Arkheia, revue d'histoire

Les fresques et graffiti de la caserne Chanzy en Dordogne

Par Jean-Louis Audebert et Hervé Couton
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Arkheia n°17-18
Auteurs : Jean-Louis Audebert et Hervé Couton, photographe et membre du comité de rédaction d’Arkheia.

Page suivante

Peintures des régiments repliés en 1940, fresques du régime de Vichy et graffitis de prisonniers, la caserne de Chanzy (Bergerac) a encore des secrets à livrer.

Bergerac possède une caser-ne où sont conservés les émouvants et fragiles vestiges de ses occupations antérieures. Construite de 1875 à 1877 sur un terrain de 4 ha pour abriter le 108 e régiment de ligne dont la ville venait de recevoir le cantonnement, ses bâtiments sont occupés, après la dissolution du régiment en 1923, par différents corps de troupes : le 50e RI, puis par des tirailleurs sénégalais et, de juillet 1940 à novembre 1942, par le 3e bataillon du 26e R I. Le 30 novembre 1942, les Allemands prennent possession des lieux. Ils désarment et démobilisent les soldats du 26e R I et installent leur propre garnison d’environ 500 hommes. Le 21 août 1944, ils mettent le feu à la caserne avant de quitter précipitamment Bergerac. En partie reconstruite à partir de 1952, la caserne Chanzy accueille aujourd’hui la 17 e Compagnie républicaine de sécurité. Le plan d’ensemble, fidèle à l’architecture militaire de son temps, articule trois corps de logis autour d’une vaste cour d’honneur. Seul le bâtiment de droite, passé le corps de garde ( aile sud ), nous intéresse ici ; il est vrai qu’il est inoccupé et qu’il semble ne pas avoir changé depuis la dernière guerre mondiale. Les traces des présences successives renvoient à trois périodes différentes : des fresques et maximes patriotiques évoquant le 108e R I dans la grande salle du rez-de-chaussée, côté sud ; des fresques symboliques consacrées à la période de Vichy et au cantonnement du 26e R I, dans une modeste salle du rez - de - chaussée, côté ouest, ainsi que dans les chambrées des étages ; enfin, des graffitis que l’on lit encore sur le plâtre des murs des cachots disciplinaires situés à droite de l’entrée principale.

Les décorations du 108e R I

Dans une grande pièce occupant la largeur du bâtiment (14 x 5 mètres environ), deux panneaux en vis - à -vis, de dimensions quasi - identiques (1,60 x 1,60 m environ), dont le sujet attire et dont le style pictural ne manque ni de panache ni de réalisme. Côté cour d’honneur, la scène représente un épisode de la guerre franco - prussienne : la charge de la garde nationale mobile à Villersexel ( Haute-Saône ), le 9 janvier 1871. Dans un cartouche surmontant le tout et encadré de feuillages, un n° 10 désigne l’unité engagée. On retrouve cette scène dans une aquarelle d’Alfred Paris publiée dans l’ouvrage de Charles Malo, Champs de batailles de France (1899) et la comparaison des deux oeuvres laisse perplexe tant les similitudes sont nombreuses. La fresque de Chanzy est - elle une copie habile ou un original réalisé par l’auteur qui aurait été incorporé au 108 e ? Mystère ! Lui faisant face, côté cour extérieure, le second panneau illustre une (...)


Page suivante


| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
Arkheia : Azaña 4 - 5
Manuel Azaña : Nation et mémoire en débat sous la co-directions de Geneviève Dreyfus-Armand et Jean-Pierre Amalric. A découvrir ici...
Le sort des Tsiganes périgourdins (...) Qu’ils soient Gitans, Manouches, Sintis, Bohémiens ou Romanichels, les Tsiganes ont en commun la culture nomade, une origine lointaine (le nord-ouest de l’Inde) ainsi qu’une même langue, le romani. (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia