Arkheia, revue d'histoire

Les fresques et graffiti de la caserne Chanzy en Dordogne

Par Jean-Louis Audebert et Hervé Couton
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Article publié dans
Arkheia n°17-18
Auteurs : Jean-Louis Audebert et Hervé Couton, photographe et membre du comité de rédaction d’Arkheia.

(...) charge d’infanterie d’époque révolutionnaire.

Tourné vers ses hommes, un officier incite la troupe à l’assaut en soulevant sa coiffure panachée de tricolore. Le chiffre 108 sommant le cadre ainsi que le détail scrupuleux des uniformes ( chapeau et casques des fantassins, uniforme blanc de l’ennemi autrichien couché à terre ) font penser à un combat du 108 e. Cette hypothèse est confirmée par le n° 12 de la revue Tradition qui publie un tableau en tout point identique : il s’agit de la bataille de Wattignies ( Nord ), le 16 octobre 1793, où une glorieuse unité, ancêtre du 108 e, aurait peut - être combattu. Outre ces deux peintures murales, la pièce est décorée d’une frise de feuillages. Au deux - tiers des murs, des vertus patriotiques alternent avec les noms des victoires du régiment. On trouve ainsi les quatre victoires : Hohenlinden ( Bavière ) le 3 décembre 1800, Austerlitz (Moravie ) le 2 décembre 1805, Auerstaedt ( Saxe - Anhalt ) le 14 octobre 1806 et La Moskowa ( Russie ) le 7 septembre 1812. Elles figurent dans des cartouches de formes et de décors identiques ( feuillage de deux roses ). Une cinquième victoire plus sobrement encadrée ( lauriers ) renvoie à la part glorieuse prise par le 108 e au combat de Champigny, les 30 novembre et 2 décembre 1870. Quant aux vertus patriotiques destinées à susciter et à entretenir l’esprit militaire, elles figurent dans des cartouches identiques aux contours entrelacés ( lettres bleues sur fond gris ) : « valeur, discipline, camaraderie, sacrifice, abnégation, héroïsme, courage, dévouement ». L’état de conservation de ces fresques est relativement correct mais, en l’absence de date ou de signature, il est difficile d’en savoir plus sur leur origine.

Décorations du 26e R I et vichystes

À l’autre extrémité du bâtiment, côté entrée principale de la caserne, dans une pièce mesurant 6 x 6 m, des traces de peinture ont révélé, après grattage d’un enduit, une double fresque occupant la quasi -totalité d’une cloison. L’ensemble se présente sous la forme de deux panneaux disjoints. Celui de gauche est une grisaille de La Marseillaise de Rude, surmontant le chapeau tricolore du 26e R I. La symbolique est sans ambiguïté : il s’agit de rappeler la gloire du régiment pour en fortifier l’esprit de corps. La fresque est ainsi légendée : « Batailles inscrites au drapeau du 26 e R I ». Les noms sont répartis sur deux colonnes : à gauche, les combats glorieux des anciens, à droite, ceux où s’illustrèrent leurs cadets – Fleurus ( Pays - Bas autrichiens ) en 1794, Constantine ( Algérie ) en 1837, Beni Mered ( Algérie ) en 1842, Sébastopol ( Crimée ) en 1854, Lorraine en 1914, Artois en 1915, Verdun ( Lorraine ) en 1916 et Aisne en 1917-1918. Le second panneau, à droite du précédent, est plus original par sa symbolique qui regroupe les thèmes classiques (...)



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