Arkheia, revue d'histoire

Les fresques et graffiti de la caserne Chanzy en Dordogne

Par Jean-Louis Audebert et Hervé Couton
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Article publié dans
Arkheia n°17-18
Auteurs : Jean-Louis Audebert et Hervé Couton, photographe et membre du comité de rédaction d’Arkheia.
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(...) véhiculés par la propagande de Vichy. L’élément central de la composition est un chêne puissant, au tronc épais, autour duquel s’articulent différents symboles et, dans la ramure, l’écu à la francisque entouré de lauriers ; à droite des usines dont les cheminées fumantes manifestent l’intense activité – la France industrielle. À gauche, un paysan laboure, préparant la récolte future tandis que la précédente est évoquée par d’énormes meules – une imagerie caractéristique de la France rurale de Vichy qui prône les vertus de la terre. Enfin, à la base, une colonne militaire dont la taille illustre la renaissance de l’armée d’armistice. Suivant une didactique simple, le renouveau du pays est assuré par le respect des valeurs du travail et de la patrie. Au rez - de - chaussée du bâtiment, dernière trace de cette période sur le tympan d’une porte, une enclume sur laquelle repose un bâton de maréchal. Aux étages, les anciennes chambres conservent les éléments des maximes à demi - effacées, des blasons de provinces et des insignes régimentaires et, bien sûr, l’écu à la francisque. Enfin un nom et une date : « R. Schotte – 42 », peut - être la marque du décorateur. Le colonel Maurice Audy ( ancien du 26e ), affirme qu’il s’agissait d’un soldat alsacien ou lorrain du 3e bataillon. Le fait que ces fresques d’inspiration vichyste n’aient pas été effacées à la Libération mais simplement recouvertes d’un enduit les a remarquablement protégées des outrages du temps.

Les cellules disciplinaires

Situées à droite du corps de garde, des cellules disciplinaires. Le plâtre de certaines d’entre elles conserve les dessins ou les graffitis réalisés par ceux qui y furent prisonnier à différentes époques et dont il n’est pas aisé d’en démêler l’écheveau. Un ensemble domine malgré tout : celui qui concerne les internés de 1944. Avions, plans de camps, village, portraits, dates, expressions en caractères cyrilliques font penser qu’il des témoignages de supplétifs de l’armée allemande originaires du monde russe, enfermés par les Allemands eux - mêmes pour mauvaise conduite ou internés par les autorités françaises à la Libération. Le 21 juin 1944, le Major Bode, commandant la 11 e Panzerdivision, appelé en renfort pour réprimer une poche de résistance en Bergeracois, y fait incarcérer des prisonniers français à l’issue des combats de Mouleydier, Pressignac-Vicq et Grand - Castang. Un projet de réhabilitation de la caserne Chanzy existe mais il ne concerne qu’un seul des trois corps de logis. Le bâtiment dans lequel se trouvent les fresques décrites ci -dessus, propriété de la ville de Bergerac, est malheureusement voué à une prochaine destruction. 

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