Arkheia, revue d'histoire

Les gabarres de Bergerac

Par Yann Laborie
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Article publié dans
Arkheia n°21
Auteur : Yann Laborie est assistant de conservation du patrimoine à Bergerac, archiviste de la ville de Bergerac, chercheur au centre Charles-Higounet ( Université de Bordeaux III ).

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Vers 1850, le transport fluvial assurait 60 % des échanges de marchandises entre Bergerac et Bordeaux. Le vin représentait la plus grosse part du trafic, jusqu’à l’apparition du phylloxéra et la concurrence du rail. Les chantiers de construction navale de Bergerac témoignent des savoir - faire ancestraux des charpentiers de bateaux de la moyenne Dordogne.

Après avoir épousé Pauline Armana à Lalinde, en 1848, David Laroque choisit de migrer un peu plus bas dans la vallée. Ce charpentier de bateaux natif de Badefols vient s’installer à Bergerac, quartier de la Madeleine. Vers 1871, il achète le terrain qui lui permet d’ouvrir le chantier de construction de La Pelouse, à côté duquel s’installe, vers la même époque, un autre constructeur de bateaux nommé Pierre Longea. La ville portuaire ne compte aucun autre établissement de ce type, réunissant un atelier couvert d’un vaste hangar et un ber permanent. Des chantiers volants Jusqu’alors, l’habitude est de radouber et de construire les bateaux sur des chantiers provisoirement établis en plein air, ordinairement sur les atterrissements des berges basses, où il est aisé de tirer ou de pousser à l’eau les embarcations à l’aide d’un attelage de boeufs ou d’un cabestan. L’administration autorise l’installation temporaire de ces chantiers volants sur le domaine public, à la condition qu’ils ne perturbent pas la navigation. À Mouleydier, petit port connu au XIXe siècle pour ses expéditions de pierres de taille et de pavés de grès de Liorac vers Bordeaux, les charpentiers de bateaux bénéficient, rive gauche, d’une plate - forme qu’ils ont nivelée en pied berge. Elle est utilisable uniquement en période d’étiage. Faute de place, les conditions de travail y sont incommodes. De même, rive droite, outre qu’ils sont exigus et inconfortables, les chantiers installés sur la cale du port sont exposés à la période de la montée des eaux.

À Bergerac, les constructeurs rencontrent les mêmes difficultés. Les rares secteurs de berge basse assez stables pour accueillir les chantiers sont exploités par le trafic du port, pour stocker le fret que chargent ou déchargent lentement à la planche de besogneux portefaix. En amont de la ville, les « graviers de l’Alba » servent d’aire d’entrepôt aux bois descendus de Corrèze. En aval, en contrebas de la Madeleine, les plages de galets qui ourlent la rive gauche se trouvent encombrées des cargaisons en partance ou en provenance de Bordeaux. À peu près partout, l’activité portuaire s’oppose au développement de celle des charpentiers. Après 1838, l’aménagement de quais maçonnés, rive droite, ne change rien à la situation. Sur des quais plus étroits, l’espace est plus que jamais compté aux charpentiers. Tout au plus leur tolère - t - on l’entretien des bateaux, tâche réservée, semble-t-il, aux charpentiers attachés au port de (...)


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