Arkheia, revue d'histoire

Les gabarres de Bergerac

Par Yann Laborie
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Article publié dans
Arkheia n°21
Auteur : Yann Laborie est assistant de conservation du patrimoine à Bergerac, archiviste de la ville de Bergerac, chercheur au centre Charles-Higounet ( Université de Bordeaux III ).
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(...) Bergerac, avant que David Laroque et Pierre Longea n’ouvrent leurs ateliers à La Pelouse. Cependant, ces nouveaux chantiers ne parviennent à capter qu’une faible part du marché local de la construction. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, le marché reste largement aux mains des charpentiers travaillant à l’ancienne, dans les ports du voisinage, sur des chantiers provisoires établis en plein air. Ce repli vers l’amont s’explique par l’ouverture du canal de Lalinde, en 1844, et par la reprise de la croissance urbaine à Bergerac, à partir du milieu du siècle.

Ports d’attache, port de commerce

Tout en restant le plus important de la vallée après Libourne, Bergerac n’est plus, au XIXe siècle, le port d’attache privilégié de la plupart des hommes et des unités de la flotte locale. Les petits ports de Creysse, Mouleydier, Tuilière et Saint - Capraise offrent l’avantage d’une situation idéale permettant de capter aussi bien le fret de remonte en direction de Lalinde, Limeuil ou plus haut, que celui de descente, généré par les expéditions du haut pays et du Bergeracois vers Libourne et Bordeaux. Les bateliers y trouvent un mouillage paisible, parfois au pied de leurs maisons. En période de grandes crues, ils peuvent, depuis l’ouverture du canal de Lalinde, regagner en toute sécurité les bassins de l’ouvrage. En bordure de celui de Saint - Capraise, l’aménagement d’une cale (1848) facilite la mise des bateaux en radoub, quelle que soit la saison. Ces infrastructures favorisent la concentration des activités de construction qui y sont déjà très présentes. En 1836, ils sont vingt - et - un à se déclarer charpentiers de bateaux à Saint-Capraise et à Mouleydier, contre un seul à Bergerac. L’ouverture des chantiers de La Pelouse n’inverse pas la tendance. L’essentiel de l’activité de construction continue à se tenir à l’écart de la ville, gravitant autour de ces modestes ports de l’amont où résident la majorité des marins et des bateliers, ainsi que l’essentiel des maîtres de bateaux de la flotte locale. À Bergerac, une réglementation de plus en plus contraignante pousse ainsi, au fil du siècle, les gens de rivière vers les bourgs fluviaux de la périphérie. Ils y trouvent une plus grande liberté pour organiser le mouillage et les travaux d’entretien de leurs bateaux.

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