Arkheia, revue d'histoire

Les gouvernements républicains en exil et la mémoire d’Azaña

Par Alicia Alted Vigil
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Azaña 4 - 5 / hors série
Alicia Alted Vigil : historienne, professeur au département d’histoire contemporaine de la UNED ( Universidad nacional de éducación a distancia ), Madrid.

Page suivante

D’un point de vue politique, l’exil républicain a manqué de force et, par conséquent, de représentativité par rapport à lui-même et, surtout, au niveau international. Les causes en sont très diverses mais, entre autres, se détache particulièrement la pluralité des points de vue idéologiques et stratégiques des groupes qui avaient constitué le Front populaire au moment des élections de février 1936. Durant la guerre, les divergences se sont encore approfondies. La défaite a non seulement supposé l’effondrement de la République comme régime, mais elle a entraîné avec elle l’affrontement des partis politiques et des syndicats, tant en leur sein qu’entre eux, à propos des responsabilités politiques et militaires face à la défaite.

En dépit de cette faiblesse et d’une efficacité réduite, les partis politiques essayèrent de se réorganiser autant qu’ils le purent, surtout au Mexique et en France, et, ce qui peut sembler le plus singulier, ils reconstituèrent les institutions républicaines, qui se maintinrent entre 1945 et 1977. Cette République en exil tenta de représenter une légitimité qui ne s’inclinait pas devant une situation de fait et supposait une force morale de la part de ceux qui la soutinrent tout au long de ces années, par-delà les avatars, les défections, le manque de crédibilité internationale, et au sein de l’exil lui-même à partir de 1947. Cette contribution se propose de retracer l’histoire de cette République sans territoire, en insistant sur les groupes politiques qui la soutinrent, et en essayant de voir dans quelle mesure la mémoire de Manuel Azaña survécut au travers des différents gouvernements républicains qui se succédèrent.

La défaite de la République

Dès le soulèvement militaire en juillet 1936, le principal problème auquel eut à faire face la République fut celui de sa représentativité. La transformation du conflit en guerre civile, et les circonstances dans lesquelles se fait se produisit, altérèrent le fonctionnement des organes institutionnels républicains et questionnèrent la légitimité du régime. Cela fut accentué par les événements qui eurent lieu dans les derniers mois de la guerre. Les 5 et 6 février 1939, les présidents de la République et des Cortès, comme les présidents du gouvernement central et des gouvernements autonomes, franchirent la frontière française avec leurs ministres. Quelques jours après, le président du gouvernement, Juan Negrín, et son ministre d’État, Julio Álvarez del Vayo, décidèrent de retourner en zone Centre-Sud, atterrissant à Alicante le 10 février. La politique de résistance que maintenait Negrín était seulement soutenue par sa propre tendance au sein du Parti socialiste et par les communistes. Les socialistes radicaux proches de Francisco Largo Caballero n’oubliaient pas l’offensive qu’il avait lancée contre ce dernier à peine arrivé au pouvoir en mai (...)


Page suivante


| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
Arkheia : Pensez à vous réabonner pour 2012
Avec la parution de nos numéros Les fusillés de la Libération et le hors série Azaña 4-5, nous clôturons l’abonnement 2011. Pour poursuivre votre abonnement pour 2012, n’attendez pas, renvoyez-nous dès aujourd’hui votre demande auquel est jointe votre chèque de 20 euros à Arkheia, 5 bld Marceau-Faure, 82100 Castelsarrasin. Vous pourrez ainsi recevoir en avant-première le numéro spécial Enfance brisée, enfance cachée. Le sort des enfants juifs dans le Sud-Ouest (n°25-26), à paraître au printemps 2012.
Dunes : le dernier témoin du 23 juin (...) Au matin du 23 juin 1944, Roger Bourgade, le jeune homme de Cuq, est envoyé par son père dans la bastide voisine pour ferrer une jeune jument. Fait otage, il assiste aux onze pendaisons. L’image (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia