Arkheia, revue d'histoire

Les insurgés de 1851 dans le Sud-Ouest

Par Jean-Paul Damaggio
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Arkheia 23-24
Auteur : Jean-Paul Damaggio est notamment l’auteur de : 2 décembre 1851, la dictature à la française ? Analyse de l’événement à partir de l’insurrection dans le Sud-Ouest, Angeville, Éditions La Brochure, 2001.

1851 ? Ici ? La résistance au coup d’État du 2 Décembre voulu par « Napoléon le Petit » dans une revue consacrée à l’histoire du xx e siècle en Sud-Ouest ? Oui, car la riposte populaire et la répression qui l’accompagnèrent ont marqué l’imaginaire pendant des décennies. Le Midi rouge et le courant radical en seront les héritiers tout au long de la III e République. Mise en perspective, portraits.

Moment sombre de l’histoire de France que cette défaite républicaine de décembre 1851. Le 2 décembre, précisément, date anniversaire du sacre de Napoléon et de la bataille d’Austerlitz, fut, on le sait, le jour que choisit le neveu de l’Empereur pour réaliser son coup de force contre l’Assemblée. Autant que cette triste journée, la résistance qui s’opposa à Louis-Napoléon et la répression qui s’ensuivit marquèrent les consciences populaires pour des décennies. Encore, le 22 avril 1905, dans L’Indépendant du Tarn-et-Garonne, Raoul Verfeuil – qui sera un dirigeant éphémère du PCF – stigmatisait par ces mots la République qui venait de tirer sur les ouvriers de Limoges : « Son gouvernement, qui se dit républicain, assassine les ouvriers, de même que Napoléon III massacrait en 1851 les adversaires du coup d’État. » Et ce n’est pas par hasard qu’en mars 1971, le tout premier numéro d’une publication issue de Mai-68, Le Peuple français, revue d’histoire populaire, proposera à ses lecteurs un article intitulé : « La résistance populaire au coup d’État du 2 Décembre ». Contre « la République au village » (l’expression est due à Maurice Agulhon), la chasse à l’homme, phénoménale, fut souvent oubliée car les victimes étaient des obscurs, des sans-grade, des « petits ». La Constitution obligeait le président de la Deuxième République à quitter le pouvoir en 1852. N’ayant pas réussi à changer légalement la Constitution, Louis-Napoléon Bonaparte décréta le 2 décembre 1851 que l’Assemblée était dissoute et la Constitution abolie. Il annonça en même temps qu’un plébiscite serait organisé, au suffrage universel, pour rendre la parole aux citoyens. La riposte à un éventuel coup d’État avait été envisagée par les républicains qui adoptèrent la démarche suivante : se diriger vers les mairies, les sous-préfectures et les préfectures pour y imposer le respect du droit. Victor Hugo devint l’icône de cette révolte qui avait eu le double effet de la populariser… et de la masquer pour partie.

Pour lire la suite... commander notre numéro en version papier ou numérique.



| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
Arkheia : Pensez à vous réabonner pour 2012
Avec la parution de nos numéros Les fusillés de la Libération et le hors série Azaña 4-5, nous clôturons l’abonnement 2011. Pour poursuivre votre abonnement pour 2012, n’attendez pas, renvoyez-nous dès aujourd’hui votre demande auquel est jointe votre chèque de 20 euros à Arkheia, 5 bld Marceau-Faure, 82100 Castelsarrasin. Vous pourrez ainsi recevoir en avant-première le numéro spécial Enfance brisée, enfance cachée. Le sort des enfants juifs dans le Sud-Ouest (n°25-26), à paraître au printemps 2012.
Les camps d'internement français
Mémoires libertaires de la Seconde (...) La fin de la Guerre civile espagnole n’a pas signifié la paix, mais la continuation d’une sanglante répression de la part des vainqueurs. Le poteau d’exécution, les longues condamnations à la peine de (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia