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Les vichysto-résistants de 1940 à nos jours de Bénédicte Vergez-Chaignon

Par par Guillaume Gros
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Article publié dans
Critiques de livres

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En 1994, le journaliste Pierre Péan publiait une enquête sur la jeunesse pétainiste du président de la République François Mitterrand. Une jeunesse française (Fayard) révélait au grand public l’itinéraire d’un célèbre « vichysto-résistant », concept a priori contradictoire que l’historiographie de la résistance avait laissé en jachères. Spécialiste de Vichy et de la Résistance (voir Les Résistants. Histoire de ceux qui refusèrent, chez Larousse avec Eric Alary et Robert Belot), Bénédicte Vergez-Chaignon nous livre une synthèse dense sur le parcours de ces vichysto-résistants parmi lesquels Pierre de Bénouville, le Général Cochet, Marie-Madeleine Fourcade, Henri Frenay, Maurice Clavel, ou des figures moins connues comme Loustanau-Lacau, le Colonel Groussard. Bien que portant sur un temps long, de la Troisième à la Ve République, son étude privilégie la période de l’occupation qui constitue la matrice des choix.

Si l’Etat français, dans sa logique de collaboration, n’a évidemment pas favorisé la Résistance, Bénédicte Vergez-Chaignon, qui suit une chronologie fine dès l’avènement du nouveau régime, n’en estime pas moins « qu’une bonne partie – peut-être la plus nombreuse – des initiatives prises en 1940-1941 pour contrer l’occupant l’ont été par des personnes qui approuvaient Pétain et pensaient agir en conformité avec ses désirs réels. » Le premier chapitre très fouillé (plus d’une centaine de pages) intitulé « Vichy capitale de la Revanche » dresse un panorama des initiatives de personnalités le plus souvent issues d’une droite nationaliste, anticommuniste et parfois cagoularde dont l’un des points communs est le refus de se placer sous l’autorité de De Gaulle même si certains comme le Général Cochet ou Pierre de Bénouville changeront de trajectoires. Cependant l’historienne insiste sur le désordre et manque de lisibilité de la plupart de ces initiatives qui, sous couvert de double jeu, végétèrent ou finirent par entrer en concurrence les unes avec les autres.

De la même manière, l’action du général Giraud longuement analysée ne parvient pas à déplacer le centre de gravité de cette résistance mal identifiée de Vichy vers l’Empire. L’échec de Giraud à se poser comme un concurrent crédible de De Gaulle marginalise définitivement le courant des vichysto-résistants à la Libération.

Dans une deuxième partie, l’historienne analyse les procès de l’Epuration et les stratégies des défenseurs de la mémoire de Pétain révélant la persistance d’une droite, certes minoritaire, mais qui s’exprime dans des « publications rancunières ». Elle montre comment, dès le départ, le thème de l’amnistie est exploité par une droite parlementaire à l’instar du Parti Républicain de la liberté (PRL) d’André Mutter, au nom de l’unité nationale. Certains « vichysto-résistants » (...)


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