Arkheia, revue d'histoire

Les volontaires hongrois des brigades internationales dans les camps d’internement français

Par Eszter Balázs
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Article publié dans
Arkheia n°4
Auteur : Eszter Balázs, historienne hongroise, doctorante à l’université de Budapest, spécialiste du Parti communiste hongrois.

(...) été traités en tant que soldats d’une armée désarmée. Séparés des autres réfugiés, ils ont été conduits dans les camps destinés spécialement aux militaires et gardés par les forces armées à Argèles, Saint-Cyprien et Barcarès. Par la suite, le sort de ces militaires dépendait le plus souvent de leurs origines, de leurs obédiences politiques, ainsi que du réseau dont ils disposaient. Les partis communistes français et espagnol ont coopéré dès le début pour préparer l’évasion des cadres du parti espagnol vers Paris. Malgré cet acte réussi, beaucoup d’anciens membres non moins illustres des Brigades internationales, notamment László Rajk ou Ferenc Münnich, ne pouvaient pas éviter l’internement. Les sources archivistiques auxquelles j’ai eu accès aux archives de l’ancien parti communiste hongrois à Budapest, ainsi qu’à celles de Foix et de Pau qui contiennent des fonds sur les camps du Sud-Ouest, permettent de rendre compte de l’origine, de l’obédience politique ou du réseau lorsqu’on veut suivre l’histoire des volontaires communistes Hongrois internés dans ces camps. Ma principale question était de savoir comment, derrière les barbelés, les brigadistes hongrois se comportaient entre eux, quelle perception ils avaient des groupes d’autre obédience politique et/ou d’autre nationalité, et quelles relations ils avaient avec ces groupes et le monde extérieur.

Les volontaires hongrois à Argelès et à Saint-Cyprien (1938-1939)

Dès les premières semaines, les volontaires hongrois internés à Argelès et à Saint-Cyprien se regroupaient dans des groupes strictement organisés. Rien que de très normal dans une telle situation, ces hommes de même langue maternelle (de plus, si isolée des autres langues), soudés dans la guerre civile et par la défaite, étaient devenus plus que jamais interdépendants. Cependant, il peut nous sembler aussi que les structures politiques et militaires propres aux Brigades internationales restaient le modèle à suivre dans les camps français ; les internationalistes ont disposé de tous les facteurs qui permettaient d’assurer, dans le cadre des camps, cette continuité de la vie d’organisation. Le premier pas dans la réorganisation des rangs des volontaires a été le démarrage des journaux rédigés et diffusés dans le camp ; un certain nombre de ces hommes avaient appartenu aux groupes de langue de la MOI, et ils avaient l’habitude de rédiger pour la presse. Les articles parus dans ces journaux, mis à part les nouvelles concernant la vie interne des camps, ont recueilli essentiellement des informations des quotidiens ou hebdomadaires provenant de l’extérieur. Les journaux rédigés en hongrois, l’Unidad (en raison de leur enthousiasme pour la cause espagnole, ils avaient choisi un titre espagnol) et l’Új Állomás (Nouvelle Station), avaient une double finalité : diffuser des informations d’intérêt commun (...)



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