Dès les premières semaines, les volontaires hongrois internés à Argelès et à Saint-Cyprien se regroupaient dans des groupes strictement organisés. Rien que de très normal dans une telle situation, ces hommes de même langue maternelle (de plus, si isolée des autres langues), soudés dans la guerre civile et par la défaite, étaient devenus plus que jamais interdépendants. Cependant, il peut nous sembler aussi que les structures politiques et militaires propres aux Brigades internationales restaient le modèle à suivre dans les camps français ; les internationalistes ont disposé de tous les facteurs qui permettaient d’assurer, dans le cadre des camps, cette continuité de la vie d’organisation. Le premier pas dans la réorganisation des rangs des volontaires a été le démarrage des journaux rédigés et diffusés dans le camp ; un certain nombre de ces hommes avaient appartenu aux groupes de langue de la MOI, et ils avaient l’habitude de rédiger pour la presse. Les articles parus dans ces journaux, mis à part les nouvelles concernant la vie interne des camps, ont recueilli essentiellement des informations des quotidiens ou hebdomadaires provenant de l’extérieur. Les journaux rédigés en hongrois, l’Unidad (en raison de leur enthousiasme pour la cause espagnole, ils avaient choisi un titre espagnol) et l’Új Állomás (Nouvelle Station), avaient une double finalité : diffuser des informations d’intérêt commun (...)
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