Arkheia, revue d'histoire

Mai 68 dans la cité de Cohn-Bendit

Par Max Lagarrigue
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Auteur : Historien et journaliste à La Dépêche du Midi, il est directeur-fondateur de la revue Arkheia et auteur notamment de 99 questions... La France durant l’Occupation (CNDP, 2007).

(...) sexuelle comme le droit de pouvoir parler de politique durant les cours. Des revendications qui feront mouche quelques années plus tard, et qui sont toutefois bien éloignées des préoccupations des salariés qui vont se mobiliser par la suite.

« La grève n’était pas évidente »

Roger Gleizes, 90 ans, ancien fonctionnaire de la DDE : « Le lancement du mouvement, en 68, était loin d’être spontané. Beaucoup n’y croyaient pas et la majorité des organisations syndicales n’avaient pas embrayé, les manifestations lancées par les lycéens montalbanais. On pensait que le mouvement était voué à l’échec du fait qu’il était mené par des jeunes issus de la bourgeoisie… C’est bien pour cela qu’aux Ponts-et-Chaussées, j’avais bien eu du mal à mobiliser l’ensemble des gars que j’avais sous mon autorité. Une partie ne voulait pas cesser le travail et ce n’est qu’en installant des piquets de grève à l’entrée et en s’y tenant que nous avons pu faire cesser complètement le travail. »

« Un vrai bond en avant »

Pierre Meda, 73 ans, ancien contrôleur des PTT à Montauban : « Au centre de tri , nous avons été parmi les premiers à cesser le travail et à nous engager dans le mouvement. La principale requête concernait véritablement les conditions de travail dont on n’imagine pas aujourd’hui la rigueur. À cette époque, les facteurs qui devaient trier plusieurs centaines de lettres au quart d’heure avaient un cadre derrière eux qui vérifiait leurs moindres faits et gestes. Même si, à Montauban, le nombre de manifs n’a pas été pléthorique ni très importantes, tout était paralysé. Au lendemain de « 68 », il y a eu un véritable bond en avant dans l’ensemble de nos services, même si les nombreuses retenues sur salaires de « l’après 68 » ont été très dures pour les salariés. »

« Pour les 40 heures de travail »

François Saldana, 68 ans, ancien infirmier au centre hospitalier : « Avant même la hausse de nos salaires, la principale revendication que nous avions, avant « 68 », c’était l’application de la semaine de 40 h de travail hebdomadaire qui était un acquis des accords de « 36 ». Des droits qui n’avaient pas été appliqués puisqu’en mai « 68 », on travaillait au moins 45 h par semaine et dans le privé, n’oublions pas qu’ils étaient à plus de 56 h ! Si, le mouvement de « 68 » nous a donc permis de réduire la durée de travail, il a véritablement changé l’ensemble des rapports hiérarchiques au sein des entreprises. N’oublions pas que dans certaines d’entre elles, il fallait demander à son chef la permission pour aller simplement uriner ! »

« En pantalon et fumer devant son patron »

Si l’appel à la grève nationale des organisations syndicales, le 13 mai 1968, ne rassemble qu’un millier de personnes à Montauban, avec en tête les fonctionnaires de l’enseignement, d’EDF ou de La Poste, le mouvement va faire, petit à petit, (...)



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