Arkheia, revue d'histoire

Marie-Rose Gineste, Résitante et Juste chrétienne (mémoires)

Par Marie-Rose Gineste
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Arkheia n°22
Auteur : Résistante chrétienne montalbanaise, Juste par les nations, Marie-Rose Gineste demeure l’une des figures emblématiques de cette période. Nous republions ses mémoires que nous avions édité pour la première fois en 2000 (n°2-3).

Page suivante

Presque centenaire, Marie-Rose Gineste demeure l’un des derniers acteurs survivants à pouvoir témoigner de l’action menée par Mgr Théas, l’évêque de Montauban qui, au mois d’août 1942, refusa d’approuver les rafles antisémites. Seule et à bicyclette – son vélo est aujourd’hui exposé au musée Yad Vashem ( Jérusalem) – elle sillonna le diocèse pour faire connaître le message épiscopal. Résistante de la première heure, Marie-Rose Gineste fut aussi l’une des rares femmes à diriger des organisations de la Résistance (Combat et Témoignage Chrétien). C’est à leur tête qu’elle cacha et sauva de nombreuses familles juives. Chrétienne engagée, elle fut aussi, après la Libération, une conseillère municipale très active du MRP. Issue d’un milieu modeste, elle est toujours restée une femme discrète. C’est avec la même humilité que, la retraite venue, elle a accepté de coucher sur le papier le témoignage de sa vie pour le moins bien remplie. Marie-Rose Gineste nous livre ici, avec des mots simples et sans artifices littéraires, son parcours de résistante et de Juste. Un récit qu’Arkheia a publié en 2001 dans son n° 2-3 et que nous avons tenu à rééditer à l’occasion de la pièce de théâtre qui lui est consacrée. Max Lagarrigue

Mobilisation

Ce jour là, avec l’abbé Henri Escudié, Blanche, Madeleine et Françoise Teilhac, nous nous rendions à Capdenac-Gare, dans l’Aveyron, chez M. et Mme Escudié. C’est à Saint-Cirq-Lapopie que nous avons appris, par une affiche qui venait d’être apposée sur un mur du village, la mobilisation. Tout plaisir à ce voyage, qui était une belle promenade et une joie, avait disparu à la lecture de la dite affiche. Nous avons quand même poursuivi notre route et passé un jour à Capdenac, l’angoisse dominant.

Accident de Mgr Gounot

Courant juillet 1939 j’avais participé à la semaine sociale de Bordeaux où, avec les montalbanais semainiers nous avions revu avec une grande joie Mgr Gounot, archevêque de Tunis. Sur le chemin du retour vers la Tunisie, Mgr ne s’était pas arrêté à Montauban comme prévu. Ayant pris la route de Bordeaux à Toulouse avec sa voiture personnelle conduite par l’abbé Doulut à 200 mètres du village de Castelnau-d’Estretefonds il a eu un grave accident. Bien que la distance soit plus grande de Montauban que de Toulouse, ils se sont tous deux fait transporter dans une clinique de Montauban, cette ville où tous deux étaient très connus. A peine quelques heures après leur arrivée à la clinique du docteur Hornus, je fus informée de l’accident et de la présence de Mgr par une infirmière amie, employée dans cette clinique. Je m’y rendis aussitôt et malgré l’interdiction des visites j’ai pu voir et parler à Mgr qui a demandé que tous les jours je puisse passer à la (...)


Page suivante


| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
Une grève peu ordinaire : Decazeville 1961- 1962
L’historien Philippe Marcy revient sur une histoire qui a marqué les mémoires, la grève des mineurs de Decazeville en 1961-1962. Le bassin Houiller aveyronnais a 35 000 habitants environ. La mine employait 5 200 salariés en 1945, elle en compte 2 000 en 1962.
Gaullisme et antigaullisme
Abonnement Offrez-vous l’abonnement à Arkheia, la revue d’histoire contemporaine du Sud-Ouest et bénéficiez des avantages abonnés Abonnement particulier 2011/ 1 an / 1 numéro double ou deux numéros simples (et n° (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia