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Marie-Rose Gineste : une Juste résistance

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Revue de presse

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LaDepeche.fr | le 27/06/2010 11:46

Marie-Rose Gineste : une Juste résistance

Presque centenaire, la Montalbanaise Marie-Rose Gineste ne sort plus qu’en de très rare occasion de sa retraite chez les Sœurs de la Molle, faubourg Lacapelle. La dernière fois qu’elle était apparue en public, en octobre 2007, pour assister aux obsèques de son ami l’abbé François Papurello, elle était apparue très affaiblie faisant presqu’oublier, à ceux qui ne l’avaient pas connu, l’énergique résistante qu’elle fut tout au long de sa vie. Seulement une décennie en arrière, les télés du monde entier faisaient la queue pour l’interviewer devant sa petite maison à l’angle de la rue Sadi-Carnot et du bld Gustave-Garisson. Des journalistes, mais aussi des historiens reconnus et de jeunes étudiants que l’ancienne secrétaire de Mgr Théas - l’un des rares prélats français à avoir publiquement dénoncé les rafles antisémites de l’été 1942 - recevaient inlassablement pour raconter son itinéraire exceptionnel durant les années noires du régime de Vichy.

Et si la petite histoire retient, sans doute, que c’est sur sa bicyclette qui trône aujourd’hui au beau milieu du Yad Vashem - le musée israélien de la Shoah, à l’Ouest de Jérusalem - que la Résistante a réalisé ses plus beaux exploits guerriers, ses mémoires rééditées par la revue d’histoire Arkheia rappellent qu’elle fut l’un des pivots régionaux de la Résistance chrétienne. C’est de son bureau du secrétariat social, au beau milieu du faubourg du Moustier que la discrète mais non moins efficace « -Mademoiselle Gineste- » œuvrera tout au long de la guerre au nez et à la barbe de l’occupant, les locaux du chef de la Gestapo, Félix Stotz, n’étant qu’à quelques dizaines de mètres.

Résistante dès 1940

Pas de quoi effrayer, Marie-Rose qui a 29 ans se lance, dès août 1940, dans la fabrication de faux papier d’identité pour le compte du père Belge Jan Boon et ses élèves qui souhaitent rentraient aux pays. « -Ce fut mon premier acte de résistance- » écrit-elle avec simplicité en préambule à ses souvenirs. Diffusant les premiers journaux clandestins de la Résistance, elle cumule peu après la direction de l’organisation clandestine départementale Combat et Témoignage chrétien. Des fonctions rares pour une femme d’autant plus à cette époque. Inquiétée, perquisitionnée par la police, rien ne semble atteindre, la Résistante. Elle continue à fabriquer et délivrer des centaines de faux certificat de baptême pour sauver des juifs de la déportation, sillonne avec son vélo le diocèse pour délivrer la fameuse lettre épiscopale contre les rafles des juifs tout en participant à la transmission de renseignements aux organisations armées de la (...)


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