Arkheia, revue d'histoire

Marius Vazeilles : la vocation précoce d’un paysan-député communiste de Corrèze

Par Gilbert Beaubatie
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Article publié dans
Arkheia n°2-3
L’auteur Gilbert Beaubatie est correspondant de l’IHTP de Corrèze et d’Arkheia, président de la Société Archéologique de Corrèze.

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"L’histoire, en sa subjective mémoire, ne devrait-elle retenir que deux noms parmi ceux des grands disparus qui oeuvrèrent corps et âme pour la Corrèze de ce début du siècle, alors, sans hésiter, elle désignerait Henri Queuille et Marius Vazeilles. L’un et l’autre, au-delà des divisions que pouvaient faire naître leurs convictions personnelles, ont en effet marqué d’une empreinte durable l’histoire de notre département. que serait aujourd’hui la Corrèze si, bien avant que l’on ne se préoccupe d’aménagement du territoire, il n’y avait eu Marius Vazeilles, soucieux de combattre la désertification du plateau de Millevaches..."

Ces deux noms, opportunément associés par Alain Galan, appartiennent à l’évidence au panthéon corrézien. Si Henri Queuille, "le plus illustre des Corréziens", a été gratifié d’une biographie monumentale, Marius Vazeilles n’a eu droit jusqu’à maintenant qu’à de rares évocations. mais on trouvera dans l’édition récente des souvenirs de sa fille aînée Marguerite d’utiles précisions sur cet "homme affable dont la bienveillance, la simplicité d’allure, le visage plein de douceur souligné par sa longue barbe donnaient à la parole une force prophétique." A force de s’être identifié à la cause de son département, Marius Vazeilles a fini par faire oublier qu’il n’était pas un autochtone. C’est en effet dans le département voisin du Puy-de-Dôme qu’il est né et a vécu des expériences décisives pour sa future carrière. Années d’apprentissage et de formation que nous allons ici brièvement résumer.Marius Vazeilles a vu le jour le 29 juillet 1881 à Messeix, où son père, fils d’un paysan-forgeron, réussira à se faire nommer garde forestier communal. Le jeune Marius vit une partie de son enfance au milieu des bois, dans de petites maisons forestières, en particulier dans celle des Colettes, commune d’Eychassières, au poste domanial de Charezat. Avec ses parents, ses deux frères et sa soeur, et sa grand-mère maternelle, qui aimait lui raconter des contes auvergnats. La forêt "est son monde" : il joue et vit avec elle, apprend à connaître les nombreuses espèces végétales et animales qui en font un univers étrange et mystérieux, où les découvertes faites souvent au hasard nourrissent son imaginaire et l’envie "de tout connaître, de comprendre tout, de s’expliquer le monde, la vie, la place des être humains". Dans le sillage de son père, il apprend "le temps réel" et le mouvement des saisons ; il collectionne nids d’oiseaux et cristaux de quartz et d’améthyste ; tout pour lui est digne d’attention et de questionnement (carrières de kaolin, ruines d’anciennes forges d’argent).

Une enfance qui va le marquer profondément.

A partir de 1895 s’ouvre une deuxième phase dans sa vie d’adolescent, à la suite de la mutation de son père dans la commune de Saint-Gervais d’Auvergne en tant que brigadier forestier. Années d’apprentissages, d’élargissement (...)


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