Arkheia, revue d'histoire

Mémoires de résistance (1940-1944), partie II

Par Marie-Rose Gineste
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Article publié dans
Arkheia n°2-3
Auteur : Marie-Rose Gineste, résistante tarn-et-garonaise, Juste parmi les Nations.

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Catherville - Mai 1942

Pour les responsables départementaux du mouvement Combat, une réunion régionale eut lieu à Catherville, à 9 km de Luchon, dans une maison appartenant au docteur Parent, qui servait d’hébergement à des colonies de vacances, pendant l’été, et qui était inoccupée le reste de l’année. Nous sommes arrivés dans cette maison le 9 et repartis le 11 mai. J’étais invitée à y représenter le Tarn-et-Garonne avec Jules Allamelle, secrétaire de l’union départementale de la CGT qui était un militant actif de Combat.

Tous les deux nous avons quitté Montauban pour nous rendre à Toulouse d’abord, par le train de midi, puis, ayant une longue attente dans cette ville avant le départ du train de Luchon, nous sommes allés à un cinéma permanent, rue Alsace, pensant qu’ainsi nous ne ferions pas de rencontres qui auraient pu intriguer, du fait que nous étions ensemble. Heureusement que Mme Allamelle était au courant que son mari et moi nous partions ensemble et elle connaissait le but de notre voyage, sinon au retour il y aurait eu une scène de ménage au foyer Allamelle. En effet, une personne de Montauban nous avait vus au cinéma de Toulouse, elle s’était empressée de le dire à Mme Allamelle qui en avait été très amusée comme nous, lorsque nous l’avons appris. Mais cela nous montrait bien que l’on n’était jamais assez prudents. Bien sûr que cette personne n’a pas imaginé que c’était pour la résistance que nous nous trouvions ensemble, il valait mieux d’ailleurs qu’il en soit ainsi, qu’elle ait fait un faux jugement. Quelques minutes avant le départ du train de Luchon nous étions sur le quai de la gare de Toulouse et là se trouvaient les camarades résistants des autres départements, qui eux aussi se rendaient à la dite réunion. Marcel Vanhove, avec des lunettes de soleil, lui le clandestin recherché par la police française et par la gestapo, le professeur Hauriou, le docteur Parent, père, M. Lescorat d’Agen, Pierre Dumas et un résistant des Hautes-Pyrénées, le marquis Charles d’Aragon. Nous avons tous agi comme si nous étions des inconnus les uns pour les autres, mais chacun avait bien vu les autres, ils étaient tous présents. Nous nous dispersés dans le train, sauf M. Allamelle et moi qui sommes restés ensemble. A la descente du train, suivant les consignes que nous avions reçues, à assez grande distance nous nous suivions, M. Allamelle et moi venions après le docteur Parent et le professeur Hauriou qui eux connaissaient la route à suivre. Derrière nous, à distance aussi, les autres camarades suivaient. Nous avions ainsi à parcourir 9 km à pied sur cette route de montagne conduisant de Luchon à Catherville. Il était 18 heures lorsque nous nous y sommes engagés. Il faisait beau, les prairies de la vallée que nous avons traversée au départ de Luchon étaient très vertes et comme si on les y avait plantés dedans, des (...)


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