Arkheia, revue d'histoire

Mémoires de résistance (1940-1944), partie I

Par Marie-Rose Gineste
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Arkheia n°2-3
Auteur : Marie-Rose Gineste, résistante tarn-et-garonaise, Juste parmi les Nations.

(...) plusieurs soldats belges vinrent aider à cueillir des pêches. À Montauban, un père rédemptoriste belge, le père Boon, frère du directeur de la radiodiffusion belge, avant et au moment de la guerre, prêtre d’un dévouement inlassable créa, anima, se donna entièrement à l’oeuvre catholique d’aide aux réfugiés. Il était secondé par un prêtre du nord de la France, l’abbé Ckelem ?

Le siège de l’œuvre fût le secrétariat social, 64 faubourg du Moustier à Montauban, et la secrétaire de ce secrétariat social que j’étais, apporta sa collaboration sans réserve à l’oeuvre d’aide aux réfugiés. Une assistante sociale très connue à Montauban, à cette époque, très dévouée, très aimée, Mme Coulon, protestante, apporta elle aussi un concours très généreux à l’oeuvre d’aide aux réfugiés. Une ancienne jéciste de 20 ans, Melle Durand fut très dévouée. Les journées se terminaient souvent très tard dans la nuit pour cette équipe que nous formions. En plus de l’affluence normale des réfugiés séjournant à Montauban et les environs et qui avaient besoin d’aide, il y eut assez souvent des trains de réfugiés qui tentaient de remonter vers le nord de la France ou de la Belgique, trains qui étaient refoulés à la ligne de démarcation, à Vierzon, et qui venaient échouer à Montauban. Ces réfugiés étaient rassemblés en ville dans divers locaux et sous la halle Prax-Paris qui rideaux fermés était transformée en un immense dortoir où l’on dormait sur la paille. C’est là, qu’avec le père Boon, nous allions les ravitailler en pain et fromage. Le père était admirable de confiance en la providence , il n’avait pas le sou, il commandait et distribuait la nourriture, c’était la chose la plus urgente, il fallait nourrir tout ce peuple ; il l’a fait. Ensuite il allait à l’état major belge où se tenait le consul Dufer, plaidait si bien la cause de tous ces malheureux que M. le consul a toujours réglé les factures apportées par le père. Le 64 faubourg du Moustier à Montauban, siège du secrétariat social, était lui aussi toutes les nuits transformé en dortoir : la grande salle du 2e étage, les paliers d’escalier ainsi que le large couloir d’entrée de l’immeuble. La mairie avait donné des châlits et des paillasses qui installés dans une grande partie de la maison nous permirent d’y accueillir de nombreux réfugiés. C’était pour nous passionnant d’apporter notre aide, notre accueil, notre amitié à tous qui étaient si éprouvés. Nous qui étions des privilégiés, notre devoir était de leur venir en aide dans toute la mesure du possible et nous l’avons fait. Un autre frère du père, qui se trouvait parmi les soldats belges en cantonnement dans la région , fut accueilli, hébergé chez nous, ma bonne maman qui collabora à sa mesure à mon action accepta une fois encore de donner notre chambre, cette fois à M. Boon, reprenant pour nous deux (...)



| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
En vente sur ce site : Renaud Jean
Renaud Jean. Carnets d’un paysan député communiste par Max Lagarrigue. Le parcours hors du commun d’un Marmandais qui cotoya Lénine, Trotsky, Thorez...
Les Allemands contre le nazisme et (...) Pour lancer cette rubrique qui se veut lieu de débats, nous profitons du courrier que nous a expédié Ginette Juge-Barot, épouse de Pierre Juge, ancien député communiste de Tarn-et-Garonne. La missive (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia