Arkheia, revue d'histoire

Mémoires de résistance (1940-1944), partie I

Par Marie-Rose Gineste
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Article publié dans
Arkheia n°2-3
Auteur : Marie-Rose Gineste, résistante tarn-et-garonaise, Juste parmi les Nations.

(...) avons eu une perquisition chacune à notre domicile, perquisition concernant la dite publication. Par la suite et jusqu’à la libération j’en ai assumé seule la responsabilité. Notre rôle était l’organisation de cette diffusion et de la diffusion ensuite des Cahiers de Témoignage Chrétien. Par la suite il y eût aussi le Courrier de Témoignage Chrétien. Ce dernier se présentait sous le format journal, tandis que les cahiers se présentaient sous le format revue. Le tout était déposé à mon domicile par un agent de liaison envoyé par le responsable de Toulouse. Le plus rapidement possible nous en assurions la distribution : individuellement à des personnes connues favorables à la résistance, parfois dans les boîtes aux lettres de personnalités ou autres qui pouvaient être amenées à réfléchir par cette lecture. Ensuite, nous avions à approvisionner les diffuseurs de Montauban, Castelsarrasin et Moissac qui, de leur côté assumaient la diffusion parmi leurs connaissances. Il fallait dès l’arrivée de la valise préparer les paquets et tout distribuer très rapidement, la menace d’une perquisition étant permanente. C’est ce qui arriva pour Melle Colombani et pour moi le 7 juillet 1942.

Perquisition

Le 7 juillet 1942, au début de l’après midi, un inspecteur de police judiciaire de Toulouse nommé Fornéra ou Fournéra, vint au secrétariat social, 64 faubourg du Moustier à Montauban et demanda à parler à Melle Gineste. Je lui dis que c’est moi, il me pria alors de l’accompagner à mon domicile, 40 faubourg du Moustier, où il avait mission de faire une perquisition. Il agissait, me dit-il, sur commission rogatoire du juge d’instruction de Lyon. C’était la vérité. J’ai appris par la suite qu’une imprudence avait été commise par un camarade de Témoignage Chrétien clandestin, une liste des responsables départementaux étant tombée, par cette imprudence, entre les mains de la police française. Partageant cette responsabilité avec Melle Colombani, toutes les deux nous avons eu simultanément une perquisition à notre domicile. Chez moi la perquisition a eu lieu en ma présence et en la présence de maman très inquiète pour moi. L’inspecteur de police ne trouva rien, deux jours avant j’avais été avertie que cette perquisition aurait lieu. Le professeur Hauriou, qui était à ce moment là responsable régional de Combat, organisation clandestine de la résistance, ayant ses antennes à la police et au tribunal de Toulouse, avait été informé que j’allais avoir une perquisition. Aussitôt il m’avait envoyé une dame pour m’avertir. Après la perquisition, l’inspecteur m’a priée de le suivre au commissariat de police. C’est à cet instant surtout que ma chère maman réalisa pleinement la gravité de la chose. Ce fut très douloureux pour moi aussi de la laisser, la rassurant que j’allais revenir, mais en fait ne sachant pas ce qu’on allait (...)



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