Arkheia, revue d'histoire

Mémoires de résistance (1940-1944), partie I

Par Marie-Rose Gineste
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Article publié dans
Arkheia n°2-3
Auteur : Marie-Rose Gineste, résistante tarn-et-garonaise, Juste parmi les Nations.

(...) faire de moi malgré la perquisition négative. Comme je marchais près de l’inspecteur de police, dans le faubourg du Moustier, il me dit que je pouvais marcher devant ou après lui. Je n’ai rien changé et à mi-faubourg, il me demanda de me rendre au commissariat de police, rue Mary-Lafon, seulement dans une demi-heure. Je ne me suis pas laissée prendre au piège qui m’était tendu pour voir si, j’allais prévenir d’autres personnes. Je suis allée directement à l’église Saint-Jacques, à 50 mètres du commissariat de police, et c’est là que j’ai attendu que passe la demi-heure. Comme j’entrais au commissariat de police l’ inspecteur y arrivait lui aussi.

Là, il procéda à mon interrogatoire d’identité, puis sur mes activités professionnelles ou autres, essayant toutefois de me coincer si possible, ne perdant pas de vue un seul instant le but de sa venue, de la mission qu’il avait reçue. Il me dit que puisque Me Lacaze était le président du secrétariat social, je pourrais lui demander de me défendre, d’être mon avocat. Avec beaucoup d’assurance je lui ai dit que je n’avais pas besoin de prendre un avocat, que l’on n’avait rien à me reprocher. Je lui ai répondu avec conviction : je l’espère bien ! Depuis ce jour je crois fermement aux grâces d’état. Je revins donc chez moi, pour la grande joie de maman, puis au bureau du secrétariat social. C’est là que Mme Colombani, la mère de mon amie vint en fin d’après midi pour m’informer que sa fille avait eu elle aussi une perquisition avec un autre inspecteur de police, ce que j’ignorais, et elle apprit qu’il venait d’en être de même pour moi. Le lendemain matin, comme tous les jours, je suis allée à la messe de la cathédrale avec maman. Y est venue aussi ce jour là Melle Colombani. Nous pûmes échanger quelques instants après la messe sans apercevoir le présence suspecte qui nous surveillait. Puis Melle Colombani ayant été secouée nerveusement se rendit à Dourgne, chez les bénédictines, pour prendre quelques jours de repos et s’entretenir avec le père Clément Jacob qu’elle connaissait bien. Quant à moi, j’ai continué ma vie active comme si rien ne s’était passé.

Le soir même de la perquisition un convoyeur s’amena chez moi avec la valise contenant Combat et Témoignage Chrétien pour la diffusion en Tarn-et-Garonne. Il ne fallait pas laisser séjourner chez moi le contenu de cette valise, ces documents clandestins. A peine, ce résistant était-il arrivé et reparti aussitôt, que, sans perdre de temps, les paquets destinés aux diffuseurs furent faits, camouflés pour la nuit. Le lendemain matin ils étaient distribués aux divers responsables par des amis et amies qui, pour cette fois là, m’ont relayée, mesure de prudence qui s’est révélée bien nécessaire. En effet pendant une huitaine de jours après la perquisition j’ai été suivie, filée, en ville par un homme d’une (...)



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