Arkheia, revue d'histoire

Mémoires de résistance (1940-1944), partie I

Par Marie-Rose Gineste
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Article publié dans
Arkheia n°2-3
Auteur : Marie-Rose Gineste, résistante tarn-et-garonaise, Juste parmi les Nations.

(...) trentaine d’années que j’apercevais partout où je passais, il n’était pas malin !

Sans attendre, en fin d’après midi, le jour même de la perquisition, je me suis rendue à l’évêché pour en informer Mgr Théas, évêque de Montauban, car je travaillais au secrétariat social qui assumait le secrétariat de la direction des oeuvres et de la jeunesse catholique qui regroupait les mouvements spécialisés. Il était donc normal que je mette Mgr Théas au courant de ce qui s’était passé. Mgr Théas se plaignit au préfet, François Martin, du fait de la perquisition dont j’avais été l’objet. Le dit préfet écrivit une lettre de protestation au préfet régional, s’élevant contre le procédé que des inspecteurs de police de Toulouse soient venus effectuer des perquisitions à Montauban, dans son département, sans qu’il en soit lui-même avisé. Dans sa lettre il était mentionné que l’inspecteur de police avait été grossier envers moi. Cela vient, je pense, de ce que je m’étais indignée, lorsque dans l’interrogatoire d’identité, l’inspecteur de police m’avait demandé si j’étais célibataire avec enfant ou sans enfant. Il est vrai que cette question m’avait choquée. Il est certain que la même question posée aujourd’hui, me paraîtrait normale, tandis qu’à l’époque elle pouvait être considérée comme émanant d’un grossier personnage. J’avais été très vexée d’une pareille question. Quinze jours après, le 23 juillet, tandis que j’étais à mon travail au secrétariat social, je fus appelée au téléphone par le commissaire de police de Montauban, M. Buisson, qui avec beaucoup de politesse, présentant ses hommages, ce qui me surprit, me demandait de me rendre à son bureau au commissariat où désirait me voir le commissaire divisionnaire de la police judiciaire de Toulouse. Le comble, me semblait-il, il me demanda de lui indiquer à quelle heure je pourrais venir m’entretenir avec lui. Je lui répondis dans une demi-heure, et il me donna son accord. J’avoue que je fus, je crois, plus inquiète pour cette rencontre que je ne l’avais été à la perquisition du 7 juillet et au commissariat de police avec l’inspecteur Fornéra ou Fournéra. Je pensais en moi-même que si le commissaire divisionnaire s’était déplacé pour venir à Montauban et m’interroger, il ferait l’impossible pour ne pas être venu pour rien. Alors, à moi d’être sur la défensive. Je fus reçue avec beaucoup de courtoisie par le commissaire de police de Montauban, j’ai su plus tard qu’il était sympathisant à la résistance, il céda ensuite son bureau au commissaire divisionnaire et se retira. Je restais seule avec le divisionnaire qui aussitôt me fit part du motif de son déplacement, de ma convocation, faisant suite à une lettre du préfet de Tarn-et-Garonne, François Martin. Il me donna lecture de cette lettre, c’est ainsi que j’ai eu connaissance de la (...)



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