Arkheia, revue d'histoire

Mémoires de résistance (1940-1944), partie I

Par Marie-Rose Gineste
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Article publié dans
Arkheia n°2-3
Auteur : Marie-Rose Gineste, résistante tarn-et-garonaise, Juste parmi les Nations.

(...) protestation du préfet, protestation dont il est parlé ci-dessus. Le commissaire divisionnaire, pour me mettre en confiance, me dit qu’il était prêt à prendre des sanctions si l’inspecteur Fornéra ou Fournéra avait été incorrect, grossier et brutal, comme l’indiquait la lettre du préfet de Tarn-et-Garonne adressée au préfet régional. Je lui dis, ce qui était la vérité, que j’ignorais tout de cette lettre avant qu’il ne m’en donne lecture. Alors, le commissaire divisionnaire, parlant d’un ton mielleux que je n’oublierai jamais, me dit :
- « cette publication clandestine c’est Témoignage Chrétien qui a motivé la perquisition, mais que vous avez lue sans doute ? vous pouvez le dire à présent, cela n’a plus d’importance. » J’ai nié connaître Témoignage Chrétien clandestin. Alors il ajouta :
- « Nous, français, nous ne pouvons pas aimer les allemands, on ne les a jamais aimés. » Je lui répondis avec beaucoup de calme que pour un chrétien tous les hommes sont frères, fut-il un allemand. Il me tendit d’autres pièges dont je ne me souviens plus les termes et notre entretien se termina sans qu’il ait pu me coincer, lui, ayant toujours la même politesse mielleuse comme à mon arrivée dans le bureau, où il me recevait. Ce jour-là, comme le 7 juillet, en repensant le soir à l’événement de cette journée, je ne me reconnaissais pas, car j’avais eu beaucoup d’à propos et de calme. Oui, depuis les 7 et 23 juillet 1942 je crois fermement aux grâces d’état.

Mouvement Combat

Après avoir été contactée pour Témoignage Chrétien clandestin, peu de temps après je le fus pour le mouvement Liberté. Cette fois, c’est par le docteur Parent, père, de Toulouse. Il avait des relations de voisin avec les auditeurs de Montauban des semaines sociales de France dont il était un semainier assidu les années précédant 1940. C’est là qu’il m’avait connue et c’est sans hésitation qu’il vint me demander de prendre pour le Tarn-et-Garonne la responsabilité de Liberté. A ce moment là, l’activité principale était la diffusion du journal clandestin, trouver des militants, des sympathisants. Je m’y suis employée de mon mieux. A la fin de l’année 1941, Liberté et Vérité fusionnèrent et le mouvement Combat naquit de cette fusion. Le premier responsable régional en fut le docteur Parent, puis le professeur Hauriou, ensuite Jacques Dhont et puis ce fut Pierre Dumas. Responsable départementale je le fus jusqu’à la création des MUR (Mouvements unis de la Résistance), à la mi-année 1943. Comme pour Liberté il y avait la diffusion des journaux clandestins de Combat. La première boîte aux lettres, lieu où étaient portés, déposés les journaux clandestins, fut à la pharmacie Costes, Grand’Rue Villenouvelle à Montauban, où j’allais les retirer. Puis ils furent déposés dans une épicerie de la rue de la République, partie de la (...)



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