Arkheia, revue d'histoire

Mémoires de résistance (1940-1944), partie I

Par Marie-Rose Gineste
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Article publié dans
Arkheia n°2-3
Auteur : Marie-Rose Gineste, résistante tarn-et-garonaise, Juste parmi les Nations.

(...) rue entre l’église Saint-Jacques et le quai Montmurat, épicerie qui n’existe plus aujourd’hui. Je les ai aussi souvent reçus à mon domicile, comme pour Témoignage Chrétien, parce que l’on trouvait difficilement des personnes qui acceptent ce risque. Un exemplaire, beaucoup désiraient en avoir, mais une pleine valise d’exemplaires et recevoir chez soi un inconnu qui les portait, même ceux qui se disaient résistants, n’accepteraient pas. Ceux qui acceptaient, le plus souvent au bout de quelques fois, refusaient ensuite. C’est pour cela que malgré la prudence recommandée pour un responsable départemental, j’ai accepté quand même de recevoir de pleines valises chez moi. Inutile d’indiquer que la distribution était faite dans les heures qui suivaient, le plus rapidement possible. Il m’arriva de les transporter moi-même, avec ma bicyclette, aux responsables locaux de Castelsarrasin et de Moissac. Pour Castelsarrasin : M. Lagarde, Mme Ustache, Mme Landet. Pour Moissac : M. Durand et Melle Aubert.

À côté de cette diffusion clandestine, il y avait tout aussi important le service renseignement et aussi le Noyautage des administrations publiques (NAP). Recueillir tous renseignements pouvant intéresser et aider les alliés, et aussi connaître les sentiments des responsables ou autres des administrations pour savoir sur qui l’on pourrait compter au jour « J » et après. Fin décembre 1942, trois diffuseurs du journal clandestin Combat, eurent une perquisition à leur domicile, MM Durand, Chaubet et Cros de Moissac. Chez tous les trois les inspecteurs de police trouvèrent des journaux de Combat que je leur avais portés quelques jours plus tôt. Ils furent arrêtés et écroués à la prison de Montauban. Pressé de questions, l’un d’eux dit à l’interrogatoire que c’était une femme qui les lui avait portés. Je vis cela écrit dans la presse locale et je n’étais guère rassurée. Allaient-ils parler et dire le nom de la dite dame ? Leur avocat maître B. n’avait pas la réputation d’être sympathisant à la résistance. Un de ses collègues, maître Veaux, qui lui était militant à Combat et s’occupait tout spécialement du NAP et du renseignement, demanda à maître B. de ne point révéler le nom de cette dame ayant remis les journaux, si ses clients le lui indiquaient. Le nom de cette résistante ne fut pas donné et après quatre mois de détention ils furent relâchés tous les trois et j’ai pu continuer mais plus avec eux, avec d’autres. Pendant des mois la boîte aux lettres de Toulouse fut le bar des Glaces, rue Bayard. J’y suis allée souvent porter tous renseignements pour Combat. Aujourd’hui encore, plus de trente ans après, chaque fois que je passe devant, je regarde, je ne puis m’empêcher de penser à ce passé. J’ai participé à Toulouse à des réunions de responsables départementaux de Combat, pour la région. La première fois c’était dans une (...)



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