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Moissac : Wolf Glazman, un enfant de la Shoah

Par Pierre-Jean Pyrda
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Article publié dans
Critiques de livres
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(...) un couple hors du commun auquel Wolf Glazman dédie son livre. Il raconte comment « avec un dévouement, une abnégation de tous les instants », « Bouli » et Shatta organisèrent le ravitaillement de cette colonie, « permettant aux uns de poursuivre des études au collège de cette ville, aux autres d’apprendre des métiers manuels ».

Le mime marceau imite charlot

En plus des orphelins de la Shoah, la maison de Moissac accueille aussi des adultes, notamment des intellectuels frappés par les lois antisémites de Vichy. « Certains, chassés des universités, de Polytechnique, de l’École des Chartes, de celle des Mines, furent nos professeurs », raconte Wolf. Il suivra les cours d’hébreu et de judaïsme avec un certain Georges Levitte dont le fils, Jean-David, né en 1946 à Moissac, est aujourd’hui le conseiller diplomatique du président Sarkozy.

À Moissac, Wolf Glazman a croisé d’autres célébrités, notamment un certain Marcel Mangel, en 1943. Celui qui allait devenir plus tard le Mime Marceau suivait alors des cours de peinture à l’école des beaux-Arts de Limoges. « Il imitait Charlot d’une manière extraordinaire et le hasard voulut qu’il s’installe pour manger à côté de moi. Il me fit tellement rire qu’il profita de son plat et du mien. »

À l’été 1945, après la capitulation nazie, des enfants dont les parents n’étaient pas revenus des camps et des jeunes déportés arrivent dans le Tarn-et-Garonne. Parmi eux, l’écrivain Élie Wiesel et le peintre Walter Spitzer.

La colonie a quitté la maison de la place du Vieux-Port (son nom aujourd’hui) pour s’installer presque en face, dans le Grand Moulin. C’est là que Wolf Glazman va débuter sa carrière d’éducateur qui le mènera ensuite en Belgique et en région parisienne. Pendant treize ans, avec son épouse Francise, il s’occupera des enfants orphelins. « J’ai fait le choix entre l’important et l’essentiel » écrit ce grand-père et arrière-grand-père comblé, qui coule une retraite paisible dans les Yvelines. Quand il parle de Moissac, l’enfant renaît en lui. « Une ville bénie » où il promet de revenir très bientôt. Il y dira sa reconnaissance et la nécessité d’un combat : « Le vol de l’horrible grille arbeit macht frei, cette semaine à Auschwitz, montre que l’antisémitisme est encore présent ». Boris Cyrulnick : « J’ai admiré votre courage »

Wolf Glazman, De Génération En Génération. Les Enfants De La Shoah. Paris, L’Harmattan, 2009. 

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