Arkheia, revue d'histoire

Montauban, 1940 : capitale de l’Exode

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Revue de presse

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TARN & GARONNE - LaDepeche.fr | 18/06/2010 10:40


Il y a 70 ans Montauban devenait malgré elle, l’une des capitales de l’Exode de 1940. Aux cohortes de réfugiés, La Joconde, l’état-major de l’Armée cessaient ici leur ultime repli. C’est sur cette histoire tourmentée que revient, en ce 18 juin, la revue Arkheia.

Alors que partout aujourd’hui, on commémore l’appel du général de Gaulle, la revue d’histoire régionale « Arkheia » revient dans son nouveau numéro intitulé : « Il y a 70 ans, 1 940 ! Le Sud-Ouest dans la tourmente », sur cette année tragique où la France vécue sa plus grande défaite militaire. Dans le Sud-Ouest, Montauban devient en quelques semaines seulement l’un des principaux centres du repli et de l’Exode.

À pied, à vélo, en charrette, en véhicule motorisé ou en train pour les plus chanceux, des dizaines de milliers de Français et de Belges débarquent en Tarn-et-Garonne. La résistante Marie-Rose Gineste garde en mémoire ce moment stupéfiant. « Un dimanche, sur la route nationale 20, entre Montauban et Canals, je croisais une file ininterrompue de véhicules de toutes sortes, civils et militaires, de personnes à pied, des soldats en débandade. Un triste cortège qu’il me fut bien difficile de couper pour gagner l’autre côté de la route. » C’est toutefois sur les quais de la gare de Villebourbon que l’ampleur de l’Exode est la plus alarmante. « C’était énorme, les trains étaient bondés de femmes, d’enfants, de vieillards, de valises au point où la locomotive n’arrivait pas à démarrer tellement les wagons étaient chargés » se remémore le Montalbanais Jacques Pagès qui assistait la Croix-Rouge. Les services d’aide et préfectoraux sont saturés tout comme le moindre logement vacant à tel point que « La halle Prax-Paris (Ligou) avait été transformée en un immense dortoir où l’on dormait sur la paille » se rappelle Melle Gineste. Quelques jours plus tard, ce sont des bâtiments entiers de la cité qui sont réquisitionnés.

Montauban saturé

Talonné par la Wehrmacht, l’état-major de l’Armée française qui n’a cessé de reculer toujours plus au sud, termine sa folle course dans les locaux de l’évêché de Montauban (l’actuel château de Montariol, propriété du conseil général). « Ils ont débarqué en pleine nuit et réquisitionné le Petit Séminaire et l’évêché », se souvient l’abbé Lucien Étienne. À quelques pas de là, c’est la préfecture de Moselle qui s’installe foubourg Lacapelle alors que l’école Yougoslave est envahie par l’institut géographique national, sans oublier le marché couvert de la place Lalaque confisqué par le laboratoire central de l’Armement. Quelques semaines plus tard encore, c’est « La Joconde » et une partie des collections du musée du Louvre et de Versailles qui envahissaient (...)


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