Arkheia, revue d'histoire

Montauban, ultime terre de Manuel Azaña

Par Gérard Malgat
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Article publié dans
Arkheia 23-24
Auteur : Gérard Malgat Auteur de Max Aub y Francia o la esperanza traicionada, Séville, Renacimento, « Biblioteca del Exilio », 2007.

C’est recouvert du drapeau mexicain, et non sous les couleurs de l’Espagne républicaine, que le cercueil de Manuel Azaña, son dernier président, fut mis en terre le 5 novembre 1940 : le maréchal Pétain était attendu à Montauban le lendemain et le Mexique était, lui, solidaire des républicains espagnols en exil. Suivons le témoignage du principal représentant du Mexique en France.

ColLe 6 novembre 2010, à Montauban, républicains espagnols et français ont rendu hommage à Manuel Azaña, mort dans cette ville il y a soixante-dix ans. Durant ses vingt mois d’exil il avait travaillé à la publication de ses écrits car l’homme politique voulait que l’écrivain laisse trace de son oeuvre. Parmi ceux qui le protégèrent et l’entourèrent pour lui apporter aide et réconfort, les représentants du Mexique furent très actifs. Le témoignage de Luis I. Rodríguez, ministre délégué par le président Cárdenas pour organiser l’aide et la protection aux républicains espagnols réfugiés en France, apporte un éclairage peu connu, parfois contradictoire avec ceux déjà parus. Les lecteurs d’Arkheia pourront le confronter aux autres articles publiés antérieurement.Son souci : éditer ses Mémoires en FranceDepuis que, le 7 février 1939, il a passé la frontière française, Manuel Azaña a décidé de tourner la page de son engagement politique. Le 27, il est arrivé à Collonges-sous-Salève – bourg de Haute-Savoie limitrophe de la Suisse – pour s’installer dans la résidence3 que vient de lui trouver son beau-frère Cipriano de Rivas Chérif, grâce à l’offre d’accueil faite par son propriétaire, l’ethnologue Marcel Griaule. Azaña est déterminé à se consacrer à l’écriture et à l’édition de ses oeuvres en France et en Amérique latine. Ce projet lui tient à coeur et, durant l’automne 1938, il en a parlé avec André Malraux et Max Aub4, présents à Barcelone pour tourner Sierra de Teruel. Les deux hommes l’ont rencontré pour l’informer du tournage, de ses difficultés, et ils ont parlé littérature. Dans ses écrits, Max Aub évoque ces rencontres avec Azaña et Malraux au palais de Pedralbes, se rappelant la phrase du Président à propos du roman L’Espoir de Malraux : « Ces Français sont formidables. Ils sont même capables de faire philosopher un commandant de la Garde civile… ! »

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