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Pablo de Azcárate : l’apôtre inconnu de la paix

Par Jean-François Berdah
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Article publié dans
Azana 2 / hors série
Jean-François Berdah maître de conférences à l’université Toulouse-Le Mirail.
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(...) Azcárate sans mentionner ses origines familiales et l’éducation intellectuelle qui a été la sienne, origines et éducation qui ont joué un rôle capital, non seulement pour lui, mais aussi pour toute une génération d’intellectuels nés à la fin du XIXe siècle en Espagne. Pablo de Azcárate y Flórez naquit le 30 juillet 1890 au sein d’une famille basque très ancienne et très estimée. Son grand-oncle fut Patricio de Azcárate, un juriste connu qui combattit la monarchie moribonde de Ferdinand VII entre 1823 et 1833, et devint le défenseur de la justice et de la liberté sous le régime libéral de la régente Marie-Christine jusqu’en 1840. Il fut engagé plus tard comme secrétaire politique par le député de la province de León, puis élu aux Cortes en tant que député de cette même localité de 1835 à 1843. L’oncle de Pablo de Azcárate, Gumersindo de Azcárate, fut quant à lui un célèbre écrivain et romancier et était considéré à la fin du XIXe siècle dans les années 1880-1890 comme l’un des opposants politiques et intellectuels les plus importants de la monarchie de la Restauration. Il fut aussi l’un des fondateurs de l’Institución Libre de Enseñanza (ILE) aux côtés de Giner de los Ríos et de Salmerón en 1876, une institution qui couvrait tous les niveaux de l’enseignement depuis l’université jusqu’au primaire et dont la mission visait à introduire de nouvelles méthodes pédagogiques et à offrir une véritable alternative intellectuelle au vieux système académique clérical. D’après les archives personnelles de Pablo de Azcárate, celui-ci se spécialisa très tôt dans les études de droit et opta pour le droit administratif. En 1913, à l’âge de 22 ans, il devient professeur assistant de droit administratif à l’université de Saint-Jacques de Compostelle. Deux ans plus tard, il est nommé professeur assistant à Grenade, ce qui lui permet de mettre en pratique l’enseignement qu’il a reçu à l’Institución Libre de Enseñanza : tolérance, compréhension et ouverture vis-à-vis de ses étudiants, clarté, précision et progressivité des cours. En 1916, il se présente à un nouveau poste, plus prestigieux à l’université de Madrid, mais son engagement politique, de même que celui de son oncle en faveur des forces alliées en temps de guerre, tandis que l’Espagne restait neutre, fut un obstacle insurmontable et le poste fut donné à un autre candidat brillant, mais aussi plus convenable.

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