Arkheia, revue d'histoire

Philippe Lamour, l’homme aux multiples visages

Par Hélène Chaubin
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Article publié dans
Arkheia n°21
Auteur : agrégée d’histoire, correspondante dans l’Hérault de l’IHTP.

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En cette période de préoccupants aléas climatiques , il est utile de rappeler le parcours singulier de l’homme qui mit l’irrigation des terres languedociennes au coeur des préoccupations des aménageurs du territoire, Philippe Lamour , fondateur , en 1956 , de la Compagnie du Bas - Rhône - Languedoc.

Après des études secondaires réussies chez les frères des écoles chrétiennes, Philippe Lamour, qui vit à Paris depuis 1914 et y a fait son droit, devient le plus jeune avocat du barreau de Paris ( 1922 ). Il manifeste le goût de l’écriture, particulièrement du journalisme. Lamour fait ses premières rencontres importantes : Pierre Cot, Pierre Mendès-France, André Cayatte. Est - il un homme de gauche ? On le verra candidat radical aux élections législatives de 1936, dans la mouvance du Front populaire. Il n’est pas élu mais se désiste pour le candidat socialiste. Là n’est pas l’essentiel : Lamour ne postulera plus d’autres mandats dans sa vie, à l’exception de la modeste mairie de Ceillac, dans le Queyras, qu’il va gérer à partir de 1965. Ses références idéologiques sont trop originales et éclectiques pour s’inscrire dans la ligne d’un parti : il les puise à la fois dans la révolution russe et dans le régime fasciste italien, admirant Lénine et Mussolini qu’il a vu à Rome en 1922. Pendant près de trois ans, entre 1925 et 1928, il adhère au Faisceau de Georges Valois (1878 - 1945 ), admirateur lui aussi de l’Italie fasciste, qui lui ouvre les colonnes d’un hebdomadaire, Le Nouveau siècle. Philippe Lamour forge ses convictions et milite contre la république parlementaire, pour une république corporatiste, une « République des producteurs », dirigée par un chef d’État puissant et intègre. Chaque corporation, dans chaque secteur d’activité, regrouperait ouvriers, techniciens et patrons et on en finirait avec la lutte des classes. L’administration serait décentralisée, régionaliste.

Modernités

Lamour plaide aussi pour un nouvel urbanisme : il admire Le Corbusier et défend l’idée de « cités radieuses » construites en hauteur. Son passage au Faisceau marque fortement sa pensée. Quand il signe son premier livre, en 1929, Entretiens sur la Tour Eiffel, il le dédie « A Le Corbusier, Lénine, Citroën » et appelle de ses voeux une révolution urbaine dont la condition est une révolution politique. Dans les années trente, tout en exerçant sa profession d’avocat, Lamour poursuit ses réflexions dans une nouvelle revue, « Plans », laquelle propose entre 1931 et 1933 un volume de 150 pages par mois, sur tous les thèmes : philosophie, politique, art … Philippe Lamour en est le rédacteur en chef. Il le doit à sa rencontre avec Jeanne Walter, l’épouse d’un grand architecte ( lequel prise peu l’oeuvre et la personnalité de Le Corbusier ) dont il épouse la fille, Geneviève, en 1931. Tout en restant un admirateur de (...)


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